La nuit du doute est fixée au mardi 17 février prochain. Une bonne partie du gouvernement est à pied d’œuvre depuis des semaines pour préparer le mois sacré de Ramadhan. Il y a la ministre du Commerce intérieur, Amel Abdelatif, qui multiplie les réunions avec les cadres de son secteur. Il y a le ministre des Affaires religieuses, Youcef Belmehdi, qui attire l’attention des imams sur « l’impératif de prôner un discours rassembleur et de s’éloigner de toute parole ambiguë pouvant créer la discorde ». Pour sa part, le ministre-wali d’Alger, Mohamed Abdennour Rabehi, n’a pas attendu pour établir le programme du Ramadhan 2026 dans la capitale. Dès le mois de novembre dernier, il a réuni le conseil exécutif de la wilaya pour mettre au point « l’approvisionnement du marché, le plan de transport public adapté, et la permanence de nuit des commerçants ». Sur instruction du Chef de l’État, le Premier ministre (PM), Sifi Ghrieb, a tenu, le 13 janvier dernier, une réunion interministérielle consacrée à l’examen des mesures liées au mois de Ramadhan. L’ordre du jour concernait particulièrement et au-delà des produits alimentaires, de s’assurer des « mesures pratiques visant à assurer la disponibilité de la liquidité, notamment au niveau des bureaux d’Algérie Poste et des guichets automatiques ». Le PM, de son côté, a mis en place « une commission multisectorielle » chargée de suivre « la stabilité des prix » durant le mois sacré. Voilà pour la partie liée à la consommation de « l’appareil digestif ». L’autre consommation « passive » de l’esprit est celle des contenus de l’audiovisuel. Elle n’est pas à l’abri des excès et des dérapages. C’est pourquoi lundi dernier, l’ANIRA (Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel) a pris les devants. Après avoir rappelé que « lors des précédents mois de Ramadhan, un ensemble de dépassements et de manquements liés à la nature des contenus diffusés, à la densité des publicités » ont été commis par différentes chaînes télés du pays. L’autorité rappelle les obligations légales des chaînes de radio et de télévision. Notamment celles du « respect des références religieuse et nationale et des valeurs sociales, mais aussi à éviter la diffusion de tout contenu portant atteinte aux bonnes mœurs, à la dignité des personnes, pouvant susciter des sensibilités ou promouvoir des scènes de violence ». En effet et pour ces motifs, au mois de juin dernier, l’ANIRA avait épinglé les télés qui « exploitent des œuvres protégées » par les droits d’auteur. Juste après, en août dernier, elle avait « suspendu pour 48 heures. » quatre chaines privées de télévision pour leurs couvertures plus soucieuses de l’audimat que de la dignité des victimes de l’accident du bus à El Harrach. Pour prévenir la « densité des publicités », l’ANIRA a rappelé l’art.59 du décret 24-250 qui fixe la durée à « 10 mn par heure au maximum durant le Ramadhan ». Toutes ces mesures pour calmer l’appétit démesuré du profit et protéger ceux qui ont les yeux plus gros que le ventre durant le mois sacré !
Zouhir Mebarki








































