KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA

L’Anp reprend du service au Sahara-Sahel : L’expertise du renseignement algérien sollicitée

Une importante réunion des hauts gradés des armées de la région saharo-sahélienne a eu lieu, hier, à Niamey, au Niger, dans le cadre du Conseil des Chefs d’état-major des pays membres du Comité d’état-major opérationnel conjoint. L’Algérie y a pris part, de même que le Niger, pays hôte, le Mali et la Mauritanie. Donc pratiquement tous les pays qui formaient, il n’y a pas fort longtemps, les pays dits du champ ; soit la composante originelle de l’armée régionale conjointe, avant l’entrée en lice «impromptue» de la Task Force dite G5 Sahel.

C’est le général-major, Chérif Zerrad, qui a représenté le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah et menait la délégation militaire algérienne. Côté nigérien, le Général de Corps d’armée, Ahmed Mohamed, Chef d’état-major général des armées Nigériennes, président en exercice du Conseil des Chefs d’état-major des pays membres du Comité d’état-major opérationnel conjoint «CEMOC», présidait la cérémonie, en compagnie aussi des hauts gradés du Mali et de la Mauritanie.
La réunion du dit Conseil s’est tenue hier, mercredi 12 septembre 2018.
Selon le communiqué du MDN, cette réunion a été mise à profit par les Chefs d’état-major du Niger, de l’Algérie, du Mali et de la Mauritanie afin d’étudier et d’évaluer la situation sécuritaire dans la région, l’échange d’analyses et le retour d’expériences depuis la dernière réunion du Conseil des Chefs d’état-major, tenue le 14 août 2017 à Nouakchott, en Mauritanie. Comme elle a été l’occasion pour améliorer davantage le fonctionnement du CEMOC et pour passer la présidence tournante du Conseil des Chefs d’état-major à l’Algérie.
Dans son intervention, le général-major Zerrad Chérif a insisté sur l’attachement du Haut commandement de l’Armée nationale populaire à préserver ce cadre de coopération, le Comité d’état-major opérationnel conjoint, au sein duquel les Chefs d’états-majors des armées des pays du champ échangent librement les analyses et les points de vue sur des sujets touchant au domaine sécuritaire de notre région.
Il a également souligné la nécessité de conjuguer les efforts dans une coopération franche et sincère entre les pays du champ, «basée essentiellement sur l’échange de renseignements et la coordination des actions de part et d’autre des frontières, en comptant en premier lieu sur nos propres forces et moyens».
Ce qu’il convient d’évoquer de manière insistante, c’est que cette réunion intervient à un moment où les deux mécanismes militaires opérationnels, Barkhane et le G5 Sahel, s’enlisent inutilement dans les sables du Nord-Mali, où les groupes armés prennent de la consistance chaque jour un peu plus.
Cette reprise du service de la part de l’ANP, après un coup de froid constaté depuis plusieurs mois, répond à un souci partagé : combler un vide que les mécanismes sécuritaires, mis en place au Sahel, ont rendu plus que déficients, laissant grandes ouvertes les «portes de l’enfer» sur les pays de la région.
Cette réunion d’importance intervient au moment où l’ANP passe à la deuxième étape de l’exercice démonstratif de tir avec munitions réelles «Iktissah 2018», au niveau du Secteur opérationnel centre/Bordj El-Akid Lotfi.
F. O.