L’aménagement de la capitale devient un outil économique d’urgence : 95 milliards de dinars pour désengorger Alger

Malgré les enveloppes colossales allouées pour désengorger la capitale, le pari est loin d’être gagné. En dix ans, la capitale a bénéficié de plus de 95 milliards de dinars destinés aux projets de l’expansion des routes et l’aménagement des côtes. C’est du moins ce qui a été affirmé, avant-hier, par le ministre des Travaux publics et des Transports, Abdelghani Zaalane, qui précise que «le plan stratégique pour la capitale comprend 48 projets en cours de réalisation en coordination avec la wilaya d’Alger dont sept (7) ont été finalisés et mis en service». «Tout au long de ces dix dernières années, la wilaya d’Alger a bénéficié de 95 milliards de dinars pour l’expansion des routes et l’aménagement des côtes», a déclaré le ministre, qui ne cache pas son satisfecit en précisant que «ces réalisations nous ont permis d’éviter un encombrement terrible dans la capitale». Il a précisé que ce montant n’incluait pas les grands projets et les infrastructures de base réalisés par son secteur. Le ministre a également évoqué une trentaine de projets dont l’étude a été finalisée mais qui sont toujours en attente pour des raisons financières: «Nous avons 30 projets dans le cadre du plan de la capitale à l’horizon 2035 et dont l’étude a été finalisée. Nous passerons à la phase de la réalisation dès la disponibilité du financement », a-t-il ajouté. En ce sens, certains projets tels que l’extension du métro d’Alger vers Baraki et l’Aéroport d’Alger, n’étaient pas dotés d’enveloppes financières. Mais  »actuellement, toutes les opérations d’extension et les systèmes de gestion sont prises en charge par l’Etat en Leurs consacrant des montants budgétaires conséquents », a-t-il noté.

Le partenariat avec les Espagnols en phase de préparation
Interrogé sur le projet de mise en place d`un système de régulation automatique de la circulation routière et de l’éclairage public à Alger, en partenariat avec les Espagnols, il a souligné que le projet « est en phase de préparation ». « La partie algérienne s’est déplacée récemment à Madrid pour l’acquisition des équipements », a-t-il fait savoir. À propos du manque des parkings par rapport au parc automobile d’Alger, il a soutenu que ce domaine devrait intéresser les opérateurs privés, du fait que l’État s’occupe des grandes infrastructures. « Malgré cela nous nous sommes chargés de la réalisation de plusieurs parkings dans les grandes villes, comme, Alger, Constantine et Oran. Nous souhaitons que ce domaine soit pris en charge par le secteur privé « , a-t-il insisté, ajoutant que certains privés se sont déjà engagés dans ce créneau « porteur». En outre, le premier responsable du département des Travaux publics s’est félicité de l’inauguration de la voie express reliant la rocade sud aéroport à la deuxième rocade d’Alger, en évitant le trafic routier de passer par l’Eucalyptus et Cherrarba. « C’est un projet structurel sur 8 km qui aura un impact très positif non seulement sur les usagers de cette route, mais aussi sur les habitants des deux communes », a-t-il souligné. Le projet a duré trois ans en raison de divers obstacles liés notamment au foncier agricole, les litiges, les fils électriques à haute tension et du fait qu’il s’agit des zones habitées, a ajouté le ministre. Dans l’ensemble le ministre a fait savoir que le montant attribué à son secteur s’est chiffré à 130 milliards de dollars. « Un montant financier très important qui a permis au pays de réaliser des infrastructures de base tout en étant prémuni de la crise économique ». Certes les grands projets, à l’instar du métro et du tramway, ont permis d’alléger la pression sur la capitale, mais avec la croissance démographique, il est de plus en plus difficile de répondre aux besoins croissants des citoyens en matière de transport en commun.
Lamia Boufassa