lait

L’Algérie, 3e importateur mondial de lait avec 1 milliard USD, 1er consommateur maghrébin et une production déficitaire de près de milliards de litres : La vache ne rit plus…

La pénurie de lait en sachet, tous les Algériens la connaissent, la vivent, puisqu’ils se lèvent à 6 heures du matin pour s’en procurer, vainement. Femmes et enfants font des chaînes interminables, mais en ces temps de disette, le camion distributeur n’est pas toujours au rendez-vous, et il faut encore se lever plus tôt demain, avec l’espoir de pouvoir en acheter.

Ce qu’on connaît moins, c’est que l’Algérien est le plus grand consommateur de lait au Maghreb avec plus de 110 litres consommés par individu et par an, alors que le Tunisien en consomme entre 80 et 85 et le Marocain entre 70 et 75 litres/an. Mais le plus curieux, c’est que l’Algérie est troisième importateur de lait en poudre au niveau mondial, avec ses 40 millions d’habitants, alors que des pays de plus grande importance démographique, avec leurs 100 millions, 300 millions ou 500 millions d’habitants importent moins ; le coût annuel de l’importation du lait en poudre excède le 1 milliard de dollars ; alors que notre « parc vaches » est maigre, si on le compare au cheptel laitier des pays développés, moins denses démographiquement que l’Algérie, avec moins de 1 million de vaches laitières. Si on prend eon compte les chiffres donnés par le ministère du Commerce pour le premier trimestre de l’année 2017, on observe bien que les prix moyens à l’importation des produits alimentaires importés par l’Algérie, ont, dans l’ensemble, connu une hausse. Ainsi, le prix moyen à l’importation des poudres de lait a augmenté à 2 892 dollars/tonne, avec + 17,13% par rapport au même trimestre 2016. Les principaux pays fournisseurs de l`Algérie en poudre de lait sont au nombre de 17 dont les 5 premiers sont la Nouvelle-Zélande (60,7% des quantités importées), la France (14,24%), l`Argentine (7,07%), la Pologne (4,3%) et la Belgique (3,3%).
Des experts algériens en agroalimentaire affirment que si un quart du coût annuel de l’importation en poudre de lait est mis à contribution pour acheter des vaches laitières, le problème du lait serait définitivement résolu en Algérie, à la condition de savoir nourrir et entretenir le cheptel bovin convenablement. Car le lait demeure une denrée essentielle dans l’alimentation humaine, et aucun pays ne peut s’en passer, de ce fait, il faut réfléchir à la manière dont on peut agrandir notre parc de vaches laitières.
Si on étudie ce que l’Europe fait en la matière, on est immédiatement édifié. Jugez-en : en 2014, la collecte de lait de vache dans l’UE dépasse 148 millions de tonnes. Elle occupe la première place mondiale, devant les USA, avec 91 millions de tonnes. Dans le détail : l’Allemagne est la première puissance laitière d’Europe. En 2014, elle réalise 21 % de la collecte européenne de lait, contre 17% pour la France. Les autres grands pays laitiers européens sont : le Royaume-Uni, avec 10 % de la collecte ; les Pays-Bas, avec 9 % de la collecte ; l’Italie, avec 7 % de la collecte. La différence avec l’Algérie et les pays du Maghreb est sans commune mesure. En Algérie, le président du Comité national interprofessionnel du lait, Mahmoud Benchakour, affirmait récemment que le nombre de vaches laitières au niveau national est largement en deçà du cheptel nécessaire pour répondre aux besoins en lait. Constitué actuellement de 200 000 vaches uniquement, ce cheptel doit être de l’ordre de 1 million de vaches laitières pour satisfaire la demande exprimée. Les besoins actuels sont de 4,5 à 5 milliards de litres/an alors que la production locale tourne autour de 600 à 800 millions de litres/an, soit un déficit de près de 4 milliards de litres/an qui est comblé par les importations, précisait-il, et que le taux moyen de consommation par personne est de 115 litres/an en Algérie.
F. O.