Ould Abbes

L’affaire « Benzaïm » suspendue : Ould Abbès se rétracte et gèle le dossier

Le suspens autour de l’affaire du sénateur FLN, Abdelwahab Benzaïm, qui devait passer aujourd’hui devant la commission centrale de discipline, traine toujours, comme le fait croire le Bureau politique du parti, dans un communiqué rendu public dimanche soir. L’absence annoncée du président de cette commission, Amar Louazani, serait la cause du report pour une affaire qui ne dit pas son nom. En effet, l’examen du dossier litigieux de Benzaïm par la commission centrale de discipline du FLN, devant avoir lieu aujourd’hui, a été reporté, comme annoncé à l’issue d’une rencontre du Bureau politique présidée par le SG Djamel Ould Abbès. Cette décision, même si accessoirement elle est justifiée par l’indisponibilité du responsable direct appelé à examiner le dossier d’un cas disciplinaire, parmi tant d’autres, est confrontée à d’autres questions de fond. Car, à l’approche d’une échéance aussi importante et décisive que la réunion du comité central, voudrait que les dossiers épineux soient traités avec tact et sagesse au risque de s’attirer les foudres. Et pour cause, il n’y a pas que le cas Benzaïm qui pose problème à l’actuel patron du FLN, lequel a déjà constitué une liste d’au moins 7 cadres de haut rang à abattre, dont figure le député controversé, Baha Eddine Tliba et l’ex-chef du groupe parlementaire, Mohamed Djemaï. Deux membres de l’influente instance du cComité central dont la campagne menée en faveur d’un cinquième mandat pour le président Bouteflika, n’a pas été du goût d’Ould Abbès qui a excommunié publiquement les partisans, le meneur Tliba en particulier. Pour l’affaire du sénateur Benzaïm, appelé au même titre que tous les membres de la rébellion FLN, à se présenter devant la commission de discipline, il est accusé de tenir des positions publiques qui vont à l’encontre des principes directeurs du parti, après avoir critiqué ouvertement la ministre de l’Éducation Benghabrit. Le recours au mode de sanction disciplinaire a valu d’ailleurs au chef du FLN une montée au front d’anciens caciques du parti, à l’instar d’Abdelaziz Ziari, qui a pris la défense du sénateur et désapprouvé l’approche de Ould Abbès , à l’origine de «mœurs étrangères au parti». À cette nouvelle tournure que d’aucuns ont qualifié d’un acte de renoncement, Ould Abbès semble avoir trouvé la parade, pour, à la fois démontrer sa maitrise de la situation et motiver par la même le report de la réunion de la commission de discipline. Autrement, la commission a auditionné les récalcitrants en «toute souveraineté et liberté», argue le Bureau politique de l’ex-parti unique.
Farid G.