KHALLIL

LA TUTELLE REFUSE DE RECONNAÎTRE LEUR NOUVEAU BUREAU SYNDICAL : Rassemblement des taxieurs devant le siège de l’UGTA

Dans un contexte marqué par l’anarchie et une concurrence déloyale dans le secteur, les chauffeurs de taxi, fédérés au sein de la Coordination des chauffeurs de taxi de la wilaya d’Alger, ont observé hier, un sit-in devant le siège de la Centrale syndicale de l’UGTA – à laquelle ils sont affiliés – pour exprimer leur ras-le-bol du fait de leur situation professionnelle et dénoncer la non reconnaissance de leur nouveau bureau syndical.

Aux environs de 10 heures, près d’une centaine de chauffeurs de taxi ont menacé de bloquer la route et perturber la circulation si les responsables de l’UGTA ne les autorisent pas de faire entrer leurs véhicules dans le parking de « la Maison du peuple ».
Selon Sid Ali Haet El-Hocine, membre de la nouvelle coordination des chauffeurs de taxi urbains de la gare routière du Caroubier, les chauffeurs de taxi ont renouvelé récemment leur représentation syndicale, mais l’ancienne équipe ne veut toujours pas s’en aller. « Les membres de l’ancien bureau du syndicat ne travaillent que pour leurs intérêts personnels. Cela fait 20 ans qu’ils occupent le bureau de la SOGRAL (Société d’exploitation et de gestion des gares routières d’Algérie). Ils n’ont rien fait pour les chauffeurs de taxi. Nous voulons restituer la confiance et la légitimité de cette filiale syndicale », nous-a-t-il déclaré sur place. « L’ancien bureau ne fait qu’exploiter notre cause. Nous sommes une corporation qui assure un service au public. Nous avons des problèmes qui demandent des solutions. Nous ne courons pas derrière des intérêts personnels. Notre secteur est très pollué, il est temps de l’assainir », a-t-il poursuivi.
Les protestataires ont brandi des pancartes devant l’entrée de l’édifice de l’UGTA : « L’époque de désignation des représentants syndicaux est révolue … Vive la légitimité ! », « Oui pour un syndicat jeune ! », « Berrama dégage ! », référence à Seddik Berama, SG de la Fédération nationale des travailleurs des transports (FNTT). Les chauffeurs de taxi accusent ce dernier d’être derrière le blocage de la reconnaissance de leur nouveau bureau par l’UGTA pour maintenir en place l’ancienne équipe. Parmi les griefs retenus par les protestataires contre l’ancienne équipe figurent l’ « abus d’influence, pratiques de corruption, octroi d’indus privilèges et des pratiques frauduleuses sur les cartes d’adhérents. »
Des chauffeurs de taxi nous ont dit que des responsables de l’ancien bureau leur ont « exigé des pots-de-vin » pour leur faciliter le renouvellement de licence ou pour leur offrir d’autres services. « La FNTT a refusé de nous reconnaitre et a envoyé une correspondance à la Direction des transport d’Alger pour qu’ils ne traitent pas avec nous. Ils nous considèrent comme illégitimes, et ils veulent reconnaître uniquement l’ancien bureau. Mais, nous, on exige que parte l’ancien bureau. Ils avaient l’occasion de nous aider mais ils ne l’ont pas fait », a expliqué un délégué syndical présent avec les protestataires. Vers 12h, les chauffeurs de taxi protestataires ont été reçus par le SG de l’UGTA, Salim Labatcha, et le secrétaire de wilaya d’Alger, Idir Boukabous. Le successeur d’Abdelmadjid Sidi Saïd a promis de tenir une réunion avec « tous » les délégués des chauffeurs de taxi pour statuer sur leurs cas et de là, résoudre leurs problèmes professionnels.
Hamid Mecheri