Le bulletin de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), daté du 30 juin dernier, et le département américain de l’Agriculture (USDA) ont publié, chacun de son côté, leurs estimations sur la production agricole en Algérie pour la campagne 2026.
Ainsi, la FAO prévoit une production céréalière d’environ 5 millions de tonnes soit près de 30 % au-dessus de la moyenne, ce qui constituerait la plus importante récolte céréalière depuis 2019. Pour la FAO, ce sont les conditions météorologiques favorables qui ont permis cette performance. La FAO a noté que « la récolte des céréales d’hiver de 2026 a débuté à la mi-juin et devrait s’achever à la mi-août. Les conditions météorologiques sèches en début de campagne ont retardé les semis et limité le développement initial des cultures dans les régions productrices de l’ouest. Toutefois, les précipitations abondantes enregistrées à partir de décembre 2025 ont permis aux cultures de se rétablir dans l’ensemble du pays ». « Dans les principales régions productrices du nord-est, notamment dans les wilayas de Constantine et de Skikda, les précipitations supérieures à la moyenne enregistrées entre janvier et avril 2026 ont été bénéfiques aux cultures durant les principales phases de leur développement, laissant entrevoir de bons rendements. Par ailleurs, les importantes quantités de pluie ont permis d’augmenter les niveaux des retenues d’eau, garantissant une disponibilité suffisante pour l’irrigation durant les phases reproductives », a expliqué la FAO. Mais, il n’y a pas que les conditions météorologiques. Il s’agit d’une campagne agricole qui a été bien préparée au niveau national. Au début de cette année, déjà, le président Abdelmadjid Tebboune, lors d’une réunion du Conseil des ministres qu’il a présidée, avait instruit le Gouvernement de mobiliser tous les moyens et d’assurer toutes les conditions nécessaires pour augmenter les capacités de production céréalière. Cette instruction s’appuyait sur la volonté et la détermination à moderniser ce secteur stratégique. En tête des priorités, il y avait l’objectif d’augmentation du taux de production par hectare. Le Président avait ordonné d’adopter les méthodes scientifiques dans toutes les étapes de la culture, selon une stratégie intégrée et avec la participation d’experts et d’ingénieurs agronomes, en tenant compte de la qualité des semences et de la spécificité de chaque région et de ses sols.
Il y a moins d’un mois, s’exprimant lors de son entrevue périodique avec les représentants de médias nationaux, le président Tebboune a mis en avant les progrès que connaît la filière du blé dur en Algérie, avec une autosuffisance attendue durant la saison agricole en cours. Il a indiqué que l’atteinte de ce résultat relevait du « miracle », soulignant que plusieurs facteurs favorables ont contribué à l’augmentation de la production nationale, notamment le changement de l’approche technique et le bon niveau des précipitations. La campagne a été marquée par des défis logistiques et organisationnels découlant de l’importance des superficies à moissonner et des niveaux de production inédits depuis des décennies. Les informations sur le secteur agricole en Algérie confirment que des efforts considérables sont déployés dans le segment production de la filière de céréaliculture dans le but d’accroître les quantités récoltées. Quant à l’USDA, qui s’appuie notamment sur des observations satellitaires ainsi que sur des « sources ouvertes », à partir des données disponibles publiquement, il estime que la production céréalière algérienne devrait atteindre 4,65 millions de tonnes. Dans l’ensemble, les données de l’USDA font apparaître une progression de certaines productions agricoles algériennes, notamment le blé, l’orge et les produits issus de la trituration du soja. Elles montrent aussi la persistance d’une forte dépendance aux importations pour plusieurs produits, en particulier le blé et le maïs. Pour rappel, dernièrement, des négociants européens, cités par l’agence Reuters, ont fait état de l’acquisition par l’Algérie d’environ 720 000 tonnes métriques de blé meunier (blé tendre) dans le cadre d’un appel d’offres international clôturé mercredi 5 août. C’est l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) qui a effectué l’opération, selon la même source.
M’hamed Rebah














































