« La nuit seculaire» de Fadela Hamiroun : Un roman historique sur l’histoire de l’Algérie du 19e siècle

Fadéla Hamiroun est une écrivaine algérienne de talent. Ella a déjà publié deux romans, « Les rênes du destin » aux éditions L’harmattan et « La rivale mystérieuse » aux éditions Casbah. Son troisième ouvrage « La nuit séculaire» publié aux Éditions Anep se veut un roman historique. La première partie du livre relate le débarquement des Français le 14 Juin 1830 à Sidi-Fredj jusqu’à la reddition de l’Emir Abdelkader en 1847. Des personnages historiques et d’autres imaginaires se côtoient à l’image de Sidi Saâdi, Sélim et son ami Badji qui symbolisent la résistance algéroise. Les premières batailles seront toutes perdues (de Staouéli jusqu’au fort l’Empereur sur les hauteurs d’Alger) et la principale cause était que le Dey Hussein et le général de l’armée Ibrahim n’avaient pas correctement préparé la défense du pays, du fait de leur incrédulité à cette invasion. Un armement obsolète et une flotte détruite dans la bataille de Navarrin en Grèce 3 ans auparavant, allaient précipiter la prise d’Alger, même si celle-ci s’est faite pacifiquement. En effet, une convention fut signée entre les deux parties après la décision du Dey et des notables de capituler pour préserver la ville et la population.Mais très vite, les Français ne vont pas tenir leurs promesses de respecter les habitants et leurs biens et exilent tous les Turcs, à leur tête le Dey et les janissaires. Puis commencent les spoliations des biens et les détournements des mosquées et des biens habous.C’est ce qui va déclencher la résistance. S’opére alors la dissidence des principaux beys et de tous les chefs de tribus de la Mitidja. La rébellion des Algériens va pousser les Français à se cantonner dans la Casbah jusqu’à l’arrivée du général Clauzel qui va commencer à élargir la colonisation avec les premières expéditions hors de la capitale. L’Auteur reprend les principaux massacres, les exécutions sommaires, les enfumades, les emmurements et toutes les atrocités commises sur une population désarmée. La résistance d’Abdelkader et de Hadj Ahmed bey est peu mise en exergue (énumération des dernières batailles de l’émir avant sa reddition) parce que, nous a confié l’Auteur, plusieurs ouvrages leur ont été consacrés par d’éminents historiens. C’est après l’exil de l’émir que commence la pacification de l’Algérie. Ce duel romancé constitue la trame de la seconde et troisième partie de ce livre avec trois personnages principaux : l’officier français Charles qui symbolise l’Algérie française et Badji, l’Algérie résistante. Leila, une jeune infirmière algéroise, initiée dans le combat aux côtés de ses compatriotes par son père Sélim, est ballotée entre ses sentiments patriotiques et une passion impossible qu’elle voue à Charles. Elle finira par épouser ce dernier et à se convertir au catholicisme. Son retour vers les siens est-il inéluctable ? L’Algérie continue à résister malgré les violences des expéditions. Et la pacification totale n’aura lieu qu’après l’insurrection d’El-Mokrani en 1871. L’Auteur projette de donner une suite à ce roman.