El-Guerguerat

LA BRÈCHE DE GUERGUERAT FERMÉE PAR LES SAHRAOUIS AU TRAFIC ROUTIER MAROCAIN : « Pour que le monde soit témoin de notre détermination »

La brèche illégale à El-Guerguerat reste totalement fermée par les manifestants sahraouis pour la cinquième journée consécutive, rapporte le site d’information El Confidentiel sahraoui.

Le porte-parole du groupe de manifestants sahraouis, Limam Bachir, a remis un manifeste à la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso) dès le début des manifestations. La Minurso avait appelé au retrait des manifestants bloquant la route à hauteur de la brèche. Une demande qui a été immédiatement rejetée par tous les manifestants. Quelques heures plus tard, les hélicoptères de l’ONU ont survolé la région, précise le site sahraoui. D’un autre côté l’armée d’occupation marocaine qui a envoyé d’importants renforts dans le secteur a conseillé aux camions bloqués de se retirer d’El-Guerguerat.
Les manifestants sahraouis ont mis en place un camp pour poursuivre la fermeture de cette brèche illégale de Guerguerat afin selon leur porte-parole que le «monde puisse être témoin de la détermination des sahraouis à défendre leurs terres » et empêchera le pillage des ressources et produits sahraouis. Selon les informations parvenues de la région des centaines de camions chargés de poissons et de fruits passent chaque jour par le poste frontière vers diverses régions du continent africain. Les camions traversent le Sahara occidental, la Mauritanie puis ils se rendent vers l’Afrique subsaharienne. Les camions sont chargés dans la ville sahraouie de Dakhla puis ils se rendent dans la région d’El-Guerguerat pour traverser la frontière sahraouie-mauritanienne chargés de toutes sortes de poissons et de fruits et victuailles. L’incident de Guerguerat a mis en lumière différents aspects, faits et statistiques sur les ressources halieutiques au Sahara occidental et sur l’ampleur du pillage et de la destruction du système écologique des eaux sahraouies occupées.
Ce sont des dizaines de citoyens sahraouis venus des camps de réfugiés sahraouis et certains des territoires du Sahara occidental, ont formé une caravane de plusieurs kms à travers les territoires du Sahara occidental sous le contrôle du Front Polisario il y a quelques jours pour manifester devant le mur de la honte, le mur défensif construit par le Maroc pour protéger les territoires du Sahara occidental qu’il occupe illégalement depuis 1975. Ces citoyens sahraouis se sont souvent retrouvés face-à-face avec les soldats marocains gardant le mur, et ont brandi des drapeaux sahraouis et criant des slogans en faveur de l’indépendance et pour la fin de l’occupation coloniale marocaine.
Les manifestants ont également remis un manifeste aux forces onusiennes qui se sont rapidement rapprochées des lieux pour éviter tout conflit physique face à la tension notable qui régnait dans l’environnement entre les civils et les forces d’occupation marocaines. Cette manifestation civile sans précèdent est comparable à celle de Gdeim Izik ou des milliers d’habitants d’El Ayoun occupée ont établi un camp pour protester contre l’occupation marocaine. Comme à Gdeim Izik, le message est clair, la situation de statu quo voulue par le Maroc est avalisée jusque-là par l’ONU ne peut durer. Les Sahraouis sont prêts à utiliser tous les mécanismes et outils pacifiques qui sont entre leurs mains pour le manifester.
M. Bendib