La Banque mondiale prévoit pourtant une progression appréciable, DES envoiS de fonds de la diaspora vers l’Algérie EN 2018 : Des ressources en-deçà des aides publiques au développement

à l’instar d’un certain nombre de pays en développement, dont les Philippines, le Brésil, l’inde et le Mexique, qui ont mis en place des mesures incitatives destinées à canaliser les transferts de fonds de leurs diasporas à l’étranger dans des comptes d’épargne et des fonds d’investissement locaux, l’Algérie a adopté une politique particulièrement destinée à sa diaspora établie à l’étranger en vue d’accroître l’entrée des devises à travers notamment la mise en place de programmes de logements spécialement dédiés à cette catégorie de citoyens.

à titre d’exemple, la Cnep-banque a lancé depuis plusieurs mois, une nouvelle formule de logement location-vente, destinée à la diaspora algérienne dont le nombre est estimé à deux millions dont 80% établis en France. D’autres mesures destinées à stimuler la participation de la diaspora dans le développement du tissu économique national ont été adoptées. Ainsi est née l’Union nationale des investisseurs, dont la mission principale est de dynamiser l’investissement et d’encourager la diaspora algérienne à investir dans le pays.
Cette association a vocation de mieux organiser les investisseurs, d’élaborer des études et d’arrêter des démarches pour faciliter l’investissement et le partenariat, ainsi que de constituer une banque de données pour les investisseurs, d’encourager la communauté algérienne des affaires installée à l’étranger à investir en Algérie et de mettre en place un lobbying à l’échelle nationale et internationale pour promouvoir les investissements.
Conséquence, les transferts de fonds vers l’Algérie par sa diaspora devraient atteindre le seuil de 2,157 milliards de dollars (mds usd) en 2018, contre 2 mds usd en 2017, selon les prévisions contenues dans le dernier rapport de la Banque mondiale (BM) sur l’immigration et les transferts de fonds, publié à Washington. D’après l’analyse faite par la BM, le montant sus-indiqué représente 1,1% du Produit intérieur brut (PIB) de l’Algérie.
Cependant, les chiffres publiés par la Banque mondial ne tiennent compte que des transferts de fonds officiels. Si l’on y ajoute les flux non-officiels, le montant total pourrait être 0,5 fois plus élevé, les flux passant par des voies informelles n’étant pas comptabilisés dans les statistiques officielles, et l’on pense qu’ils sont très importants, précise la Banque mondiale.
Pourtant, en dépit de cette progression prévue, ces transferts de fonds demeurent peu signifiants, si l’on se réfère aux flux pompés par plusieurs pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena).
Le tableau comparatif dressé par la BM série l’égypte qui tiendrait le haut du pavé avec 25,7 mds de dollars, suivie du Liban avec 7,8 mds de dollars, du Maroc (7,4 mds de dollars) et de la Jordanie (4,4 mds de dollars).

Un seuil de transfert jusque-là négligeable
Certes les potentialités des transferts de fonds suscitent un intérêt croissant, et ces transferts de devises constituent une source de plus en plus importante de financement du développement, qui, dans le cas de l’Algérie, demeurent bien en-deçà des aides publiques au développement consenties par l’état.
Et malgré que ces fonds, envoyés dans le pays par des émigrés travaillant à l’étranger, résidents ou non résidents, ont augmenté, il reste vrai que le seuil des transferts de la diaspora algérienne est jusque-là bien négligeable au regard du nombre d’émigrés établis à l’étranger.
Concrètement, la contribution de ces derniers est insignifiante, les sommes transitant par le canal bancaire ne se hissent pas au niveau souhaité.
Autant dire autrement que toutes les assurances ministérielles et autres mesures institutionnelles pour rétablir un climat de confiance n’ont pas eu l’écho escompté auprès des émigrés toutes générations confondues, à en juger le faible niveau de transfert d’argent.
Zacharie S. Loutari