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INCOMPÉTENCES ET MULTIPLICATION DES ERREURS MÉDICALES : Le contrôle rigoureux des cliniques privées sévit

Les erreurs médicales en Algérie continuent de prendre de l’ampleur, en l’absence de rigueur et des carences en matière de suivi et de contrôle, notamment avec la multiplication des cliniques privées, à propos desquelles le ministre de la Santé avait annoncé, décembre dernier, la fermeture de 35 centres de santé privés, l’établissement de 227 avertissements , 141 mises en demeure et 13 blâmes adressés à des cliniques privées. Hier, c’est l’application de décision de fermeture qui a été prise à l’encontre de la clinique de Sidi Yahia 2. «En effet, les erreurs médicales se multiplient faute aux erreurs de diagnostic ou simplement de médecins non compétents ou véreux et face à l’incapacité des structures sanitaires à faire face à la demande des citoyens ont poussé les malades de se diriger vers ces lieux», nous fera savoir un malade rencontré à Alger. Et d’ajouter «de même, certains malades sont victimes de négligence où plusieurs interventions chirurgicales, des accouchements ou autres interventions tournent au drame». Notre interlocuteur tient à souligner, également que : «les malades peuvent, aussi voir très vite leur vie basculer malgré la cherté des soins». Morts pour fausses couches ou bien amputés par erreur, d’innombrables personnes sont décédées. Parallèlement, un grand nombre de victimes d’erreurs médicales de médecins sont décédées. Et l’affaire dramatique du décès du chanteur Houari Manar, lors d’une opération de liposuccion suite à un excès d’anesthésie qui lui a causé un arrêt cardiaque, le 7 janvier dernier à la clinique privée de Sidi Yahia 2, avait bouleversé tout le monde durant plusieurs mois, causant ainsi la fermeture de cette clinique après plus d’un mois de son décès et que les enquêtes sur ce drame ont révélé que le médecin censé opérer le chanteur n’était pas qualifié. L’affaire qui a poussé, aussi le ministère de la Santé à mener une vaste enquête sur les cliniques privées sur l’ensemble du territoire national. Il convient de noter, également que plusieurs cliniques privées ont été fermées définitivement pour mise en danger de mort des patients sans respecter les mesures de sécurité (pas d’assistance respiratoire, pas d’accompagnement médical ou paramédical). De même, lors de ses déclarations au forum du Courrier d’Algérie, le président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), le Dr. Lyès Mérabet avait déjà déploré le fait de faire orienter le patient dès qu’il accède à l’hôpital vers une clinique privée et le fait qu’il se retrouve avec le médecin ou le professeur qui l’a consulté dans un hôpital. Aussi, et dans un autre registre, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mokhtar Hasbellaoui, avait annoncé, dernièrement et ce dans le cadre de la nouvelle loi sur la santé, l’intégration des cabinets médicaux et les cliniques privées au sein du réseau national de soins, précisant, d’autre part, que : «ces cliniques sont soumises à l’inspection et à l’évaluation après l’activité de façon permanente par les médecins des directions de la santé, répartis à travers le territoire national pour s’assurer de leur conformité», a-t-il précisé.
Mehdi Isikioune