ENIEM

INCAPABLE D’ASSURER SON APPROVISIONNEMENT EN MATIÈRES PREMIÈRES : L’ENIEM menacée de cessation d’activité

L’Entreprise nationale des industries de l’électroménager (ENIEM), située à Oued Aïssi, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, n’a pas encore fini avec les difficultés financières qui la mettent dans le rouge, au point où elle se retrouve encore une fois menacée de cessation d’activité.

Dans un communiqué rendu public, daté du 23 août dernier, le syndicat de l’entreprise affilié à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), a indiqué que l’ENIEM serait « au bord de l’asphyxie financière», et «risque sous peu de retomber dans une cessation d’activité». Comparant son état à celui de la Kabylie ravagée par les feux, le syndicat de l’ENIEM a ajouté que l’entreprise est aujourd’hui sinistrée car incapable d’assurer son approvisionnement en matières premières. Il affirme que le point zéro est atteint avec un épuisement total des stocks à la fois de la matière première et des produits finis. Et de poursuivre, qu’au lieu de s’estomper, les difficultés financières que connaît l’entreprise s’accentuent faute d’un renflouement conséquent à même d’impulser une réelle et pérenne relance d’activité », peut-on lire dans le même document où le syndicat dénonce les promesses qui « tardent à prendre corps», regrettant que jusqu’à présent aucune solution concrète ne semble poindre à l’horizon. Lançant l’alerte pour une énième fois sur la gravité de la situation de l’ENIEM, le syndicat a indiqué que la sortie de crise passe forcément par la mise en place d’un plan de sauvetage incluant l’octroi d’un crédit d’investissement conséquent à même de permettre à l’entreprise de rénover ses outils de production. Il a revendiqué, en outre, le gel du décret 20-313 fixant les conditions et modalités d’admission au bénéfice du régime fiscal préférentiel pour donner à l’entreprise le temps nécessaire d’atteindre le taux d’intégration fixé dans le décret, explique-t-on dans le communiqué. Aussi tout en réclamant l’effacement des dettes ou un moratoire pour libérer l’entreprise des contraintes inhérentes au service de la dette, le syndicat de l’ENIEM révèle que l’entreprise aurait besoin d’un fonds d’exploitation d’au moins 3 milliards de dinars à l’effet de financer son cycle opérationnel, et ce pour sortir de cette crise dans l’immédiat. Il est à noter, par ailleurs, que le syndicat a tenu à rendre hommage aux victimes des derniers incendies qui ont touché plusieurs wilayas du pays et plus particulièrement Tizi-Ouzou, tout en condamnant l’abominable crime orchestré à Larbâa Nath Irathen contre le jeune Djamel Bensmaïl. La même source a tenu, en outre, à saluer l’élan de solidarité qui s’est manifesté à travers toute l’Algérie au profit des populations sinistrées. Le syndicat a dans ce sens fait part de la volonté des travailleurs de l’ENIEM à contribuer à cet effort collectif, s’agissant notamment des opérations de reboisement.
Ania Nait Chalal