Montage automobile

Importation des kits automobiles CKD/SKD : La facture a doublé

Alors que le taux d’intégration dans l’industrie automobile nationale peine à atteindre les objectifs tracés par le gouvernement, le recours aux achats des collections CKD/SKD continue à peser lourdement sur la facture d’importation.

Au moment ou de nombreux observateurs accusent les usines de montage de véhicules de se contenter d’importer des voitures quasi-finies, bénéficiant d’incommensurables avantages fiscaux et douaniers, les chiffres des Douanes viennent conforter ce constat. D’ailleurs, ces derniers révèlent que ces importations n’ont cessé d’augmenter durant ces trois dernières années.
L’État, qui voulait réduire la facture liée à cette activité, s’est-il retrouvé pris au piège ? Une chose est sûre, au regard des chiffres rendus publics par les Douanes, force est de constater que l’industrie automobile peine à faire sa part dans le décollage du secteur attendu par l’économie nationale. Comme il fallait donc s’y attendre, la facture d’importation des collections CKD/SKD destinées à l’industrie locale de montage des véhicules a encore connu une hausse de plus de 104% au cours des deux premiers mois de l’année 2018. Selon les chiffres des Douanes algériennes repris par l’APS, la facture d’importation pour subvenir au marché de l’automobile s’est établie à 449,1 millions de dollars, contre 219,5 millions de dollars sur la même période de 2017, soit une hausse de près de104%. Par catégories, l’APS a précisé que les importations des CKD/SKD, destinées à l’industrie de montage des véhicules de tourisme et ceux de transport de personnes et de marchandises, ont connu une hausse de près de 230 millions de dollars, durant les deux premiers mois de l’année en cours.
Cette facture a bondi à 398,29 millions de dollars sur les deux premiers mois de 2018, contre 187,63 millions de dollars à la même période de 2017, en hausse de 210,66 millions de dollars (+112%).
Quant aux Véhicules de tourisme finis importés, la facture a été de 4,85 millions de dollars contre 42,6 millions de dollars. Le nombre de véhicules de tourisme finis importés a été de 102 voitures en janvier-février 2018 contre 3 596 voitures sur la même période de 2017. À noter que ces véhicules de tourisme importés représentent le reliquat de ceux qui avaient été commandés dans le cadre des licences 2016, sachant qu’aucune licence d’importation n’a été octroyée en 2017 et 2018.
Ainsi, la facture d’importation globale des véhicules de tourisme finis et des collections CKD destinées à l’industrie de montage de ce type de véhicules a grimpé à 403,14 millions de dollars sur les deux premiers mois de 2018, contre 230,2 millions de dollars à la même période de 2017, en hausse de près de 173 millions de dollars (+75%), détaille la même source.
Quant à la facture d’importation des véhicules finis (véhicules de tourisme et ceux de transport de personnes et de marchandises), elle est passée à 20,5 millions de dollars sur les deux premiers mois 2018 contre 136,8 millions de dollars à la même période 2017. Le nombre global des véhicules finis importés (toutes catégories) a été de 536 unités en janvier-février 2018 contre 10 327 unités sur la même période de 2017.
Ainsi, la facture globale d’importation des collections CKD/SKD et des véhicules finis (toutes catégories) a augmenté à 469,6 millions de dollars sur les deux premiers mois de 2018 contre 356,3 millions de dollars sur la même période 2017, avec une prédominance des CKD/SKD (95% de la facture globale).
Pour la facture d’importation des collections CKD des véhicules de transport de personnes et de marchandises, elle a augmenté à 50,81 millions de dollars sur les deux premiers mois de 2018 contre 31,86 millions de dollars à la même période de 2017, en hausse de près de 19 millions de dollars (+60%).
Quant aux véhicules de transport de personnes et de marchandises finis importés, leur facture d’importation a été de 15,65 millions de dollars contre 94,22 millions de dollars.
Une chose est sûre, tant que le nombre de voitures montées en Algérie connait une augmentation, l’Algérie devra débourser davantage pour les importations des collections CKD/SKD. Et, puis, en attendant les nouveaux cahiers de charges promis par le gouvernement, cette période de grâce dont jouissent les investisseurs automobiles installés dans le pays risque d’alourdir davantage la facture des importations en kits dans les prochains mois.
Lamia Boufassa