Ils se sont rassemblés à Alger pour exiger l’ouverture du dialogue : Les médecins résidents dans le « flou total »

Les médecins résidents ont repris, hier, la protestation, à travers un sit-in tenu à l’enceinte du Centre hospitalo-universitaire de Mustapha Pacha. Une centaine de médecins résidents, se sont rassemblés, à l’appel du bureau régional d’Alger du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra).

Bien qu’il soit « timide », le rassemblement, vise, selon les propos des membres du bureau national du Camra, à dénoncer les conditions de reprise de travail après le gel de la grève, notamment, à réitérer l’appel à l’ouverture du dialogue avec les deux ministères de tutelle. Pour le Dr Mohamed Taileb, membre du bureau national du Camra « les médecins résidents sont dans le flou total, alors que la promesse des deux ministres de tutelle de rouvrir le dialogue n’a, à ce jour, pas été tenue ». Bien qu’il affirme que le Collectif accorde aux ministères « le bénéfice du doute », le Dr Taileb, s’interroge, toutefois, sur les raisons de ce silence. « Le ministre a assuré que ses services sont en train d’étudier le dossier des résidents, mais nous n’avons aucune information », regrette le représentant. Interrogé sur l’avenir du mouvement des résidents, le Dr Taileb a précisé que « pour le moment, on ne peut pas se statuer. Mais dans la mesure où le silence de la tutelle persiste, le retour à la grève est envisageable ». Le membre du bureau national du Camra, précise, en ce sens qu’ « à l’heure actuelle, le Camra envisage de continuer de militer sur le plan des sit-in et des rassemblements, en attendant de clarifier la situation ». Toutefois, le Dr Taileb estime que la « saison estivale n’est pas la période propice pour lancer des grèves ». Autrement, « s’il n’y a pas de négociations, on est prêt à reprendre la grève », expliquera le représentant des futurs praticiens spécialistes. « Le ministre a donné sa parole pour relancer le dialogue. On attend une invitation pour pouvoir se statuer », a-t-il rajouté.

Des Assemblées générales après le DEMS
Sur un autre plan, le Dr Meriem Hadjab, également membre du bureau national du Camra, nous a affirmé que des Assemblées générales du Camra seront tenues après la fin de l’examen du DEMS prévue pour le 19 juillet prochain. « Le ministre de la Santé s’est engagé à rouvrir le dialogue après la fin des examens du DEMS », a rappelé la résidente. À ce titre, elle précisera que ce corps médical « tiendra des assemblées générales à travers les wilayas pour étudier l’état des lieux et la restructuration du mouvement une fois que l’examen sera terminé ». En ce sens, « les médecins résidents devront se pencher sur une éventuelle tenue d’une session de rattrapage du DEMS, la validation de l’année, sans oublier les revendications professionnelles soulevées auparavant».

Le CHU Mustapha Pacha refuse de payer les résidents
D’autre part, le Dr Taileb a tenu à dénoncer les conditions de reprise du travail des médecins résidents. En effet, il dira à ce propos qu’ « après six mois, tout ce qu’ils ont fait c’est de conclure à une reprise », or que après « avoir fait preuve de maturité et de bonne foi, les résidents ont été exposés à des sanctions, des menaces et des pressions administratives ». À titre d’exemple, il a précisé que l’administration au niveau du CHU Mustapha Pacha refuse de verser les salaires du mois de juillet pour les résidents, alors qu’ils ont repris le travail au mois de juin dernier ». « C’est de la provocation ou c’est de la vengeance ? Pourquoi Mustapha Pacha fait exception, contrairement aux autres CHU », s’est interrogé notre interlocuteur. Egalement, le Dr Taileb a indiqué que les médecins résidents ont été victimes de « menaces et d’exclusions ». « Certains d’entre eux ont été même affectés dans des salles d’archives, tandis que d’autres sont privés des activités de recherches », dénonce-t-il. Tout en condamnant ce genre de dépassement de la part de certains chefs de service, le Dr Taileb a, cependant, refusé de « stigmatiser » ces cas, appelant ainsi, à la sagesse et la retenue.
Lamia Boufassa