IL DÉMISSIONNERA AVANT LE 28 AVRIL PROCHAIN : Bouteflika n’ira pas au bout de son mandat

On aura assisté à tous les scénarios plausibles à l’échelle de la haute sphère de l’État, le tout en pleine crise politique précipitée par des manifestations populaires et citoyennes contre le régime et le système en place. En effet, après son renoncement à un cinquième mandat et le report de l’élection présidentielle, le président Bouteflika a pris la décision de démissionner de son poste de président avant le 28 avril prochain, a-t-on appris, hier, d’un communiqué de la présidence de la République repris par l’APS.
Ainsi, le chef de l’État n’ira pas au bout de son quatrième mandat électif qui devra arriver à terme 10 jours après la date fixée légalement à l’élection présidentielle. Toutefois, et avant de remettre sa démission, le Président s’est engagé à opérer d’«importantes mesures pour assurer la continuité du fonctionnement des institutions de l’État durant la période de transition», précise le communiqué de la Présidence qui fait abstraction de toute circonstance qui pourrait expliquer le motif de cette décision.
Entendre, le peuple algérien qui n’a cessé, depuis le 22 février historique dernier, de manifester son rejet au pouvoir, des figures qui l’incarnent et même des solutions que celui-ci a proposées, pour dépasser la crise politique. Le Président n’a pas non plus fait référence, dans sa décision, à l’appel, deux fois renouvelé, par le Chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, qui a appelé, dans un premier lieu, à déclarer l’état d’empêchement du Président, avant de passer à la vitesse supérieure, pour demander «la restitution» du pouvoir au peuple algérien.
Toutefois, précise le même communiqué, «la nomination du nouveau gouvernement en date du 31 mars 2019 par son Excellence M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République, sera suivie par d’importantes décisions qu’il prendra, conformément aux dispositions constitutionnelles, à l’effet de permettre d’assurer la continuité du fonctionnement des institutions de l’État durant la période de transition qui s’ouvrira à la date à laquelle il décidera sa démission. Ladite démission du président de la République interviendra avant le 28 avril 2019, date de la fin de son mandat électif».
Farid Guellil