IL ACCUSE DES INDIVIDUS EN HAUT LIEU DE «PLANIFIER» CONTRE L’ARMÉE ET LA VOLONTÉ POPULAIRE : Gaïd Salah menace de donner des noms

C’est une sortie à la fois auguste et spectaculaire que celle faite, samedi soir, par le Chef d’état-major de l’ANP, Gaïd Salah, qui a employé des mots lourds de sens, à tel point qu’ils laissent supposer un «complot», qui se trame contre l’institution militaire et la volonté populaire, dans un contexte marqué par des manifestations grandioses contre le régime et le système en place.
Si non, comment charger d’accusations des individus,- dont Gaïd Salah taisait jusque-là les noms-, de s’être réunis de façon informelle, en haut lieu, pour élaborer un plan qui vise à «attenter à la crédibilité de l’ANP» et à «contourner» les revendications du peuple algérien. «Certaines parties malintentionnées s’affairent à préparer un plan visant à porter atteinte à la crédibilité de l’ANP et à contourner les revendications légitimes du peuple», lâche crument le vice-ministre de la Défense nationale dans un discours ferme, prononcé au cours d’une réunion d’urgence, au siège de l’état-major, à laquelle ont été associés les commandants de Forces armées, le commandant de la 1ère R.M et le SG du MDN.
Le général-major ne s’arrête pas là et cite : «En date du 30 mars 2019, une réunion a été tenue par des individus connus, dont l’identité sera dévoilée en temps opportun, en vue de mener une campagne médiatique virulente à travers les différents médias et sur les réseaux sociaux contre l’ANP et faire accroire à l’opinion publique que le peuple algérien rejette l’application de l’article 102 de la Constitution.»
Le conclave de l’état-major de l’ANP s’est fixé comme ordre du jour l’évaluation de la situation politique du pays au lendemain du 6e vendredi de marche lors duquel des millions d’Algériens ont exprimé les mêmes mots d’ordre appelant à une rupture avec le système et désapprouvant de fait toute proposition émanant des figures qui l’incarnent. Et Gaïd Salah a dû intercepter le message de la rue, a franchi la barre de l’article 102 appelant à la destitution du chef de l’État, pour appeler à nouveau à l’application des articles 07 et 08 de la Constitution, et lesquelles dispositions traduisent tout simplement «la restitution» du pouvoir au peuple algérien.
Face à ces développements, la position de l’ANP «demeure immuable, dans la mesure où elle s’inscrit constamment dans le cadre de la légalité constitutionnelle et place les intérêts du peuple algérien au-dessus de toute autre considération», affirme Gaïd Salah en rappelant sa suggestion d’aller sur la voie constitutionnelle comme «seule solution idoine» à la crise politique en cours dans notre pays. Et de conclure d’un ton ferme que «toutes les propositions découlant de ces réunions suspectes, qui vont à l’encontre de la légalité constitutionnelle ou portent atteinte à l’ANP, qui demeure une ligne rouge, sont totalement inacceptables et auxquelles l’ANP fera face, par tous les moyens légaux.»
Farid G.