GHAZA : Deux écolières blessées par des tirs sionistes

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Les agressions sionistes se poursuivent dans la bande de Ghaza, où deux écolières ont été blessées par des tirs visant leur établissement à Jabalia. Alors que les bombardements et les tirs se multiplient dans plusieurs zones de l’enclave, l’approche de l’hiver fait peser de nouvelles menaces sur les centaines de milliers de Palestiniens déplacés, notamment en raison des risques d’inondations et du manque d’abris adaptés.
Deux écolières palestiniennes ont été blessées, mercredi matin, par des tirs des forces d’occupation sionistes visant l’école pour filles Mouradia, située dans la région de Jabalia, au nord de la bande de Ghaza. L’incident s’est produit pendant le rassemblement matinal des élèves, illustrant une nouvelle fois les dangers auxquels sont exposés les enfants jusque dans leurs établissements scolaires. Selon le ministère palestinien de l’Éducation, les tirs dirigés contre l’école et ses environs ont blessé Souad Kandil Mansour Abou Rabah, élève en sixième année, atteinte à la cuisse et transférée au bloc opératoire, ainsi qu’Amna Khaled Ali Khader, élève en quatrième année, touchée à l’abdomen. Le ministère a dénoncé une intensification des attaques visant les élèves et les enfants palestiniens. Il a indiqué que six enfants avaient été martyrisés et que plusieurs autres avaient été blessés au cours des deux derniers jours, appelant les Nations unies ainsi que les organisations internationales et de défense des droits humains à intervenir d’urgence pour assurer la protection des élèves et du personnel éducatif, mettre fin aux agressions contre les établissements scolaires et traduire leurs responsables en justice.

Des enfants exposés quotidiennement
Les blessures des deux écolières ravivent le souvenir de plusieurs drames survenus ces derniers jours dans la bande de Ghaza. Samedi dernier, l’élève Mohammed Riyad Abou Hammad a été martyrisé alors qu’il rentrait de l’école. Une frappe menée par un drone avait visé un rassemblement de Palestiniens près du pont de Wadi al-Salqa, sur la rue Al-Baraka, au sud de Deir al-Balah, faisant également quatre blessés. Le lendemain, la fillette Misk Hazem al-Dalou, âgée de sept ans, a été martyrisée par une balle à la poitrine alors qu’elle se trouvait sous la tente familiale, à l’ouest du camp de réfugiés d’Al-Maghazi. Le même jour, Tamer Chadi Sobh, âgé de 11 ans, a été mortellement touché à la tête dans la région de Tall al-Dhahab, à Beit Lahia. Trois autres enfants ont été blessés, dont deux grièvement. Ces drames témoignent de l’extension du danger à tous les aspects de la vie des enfants palestiniens, du trajet entre l’école et le domicile aux camps de déplacés, en passant par les cours et les rassemblements scolaires. Ils interviennent alors que les appels à garantir une protection effective des mineurs et des infrastructures éducatives se multiplient.

De nouvelles violations du cessez-le-feu
Sur le terrain, les forces d’occupation sionistes ont poursuivi, mercredi, leurs violations de l’accord de cessez-le-feu dans la bande de Ghaza, entré en vigueur le 10 octobre 2025, selon les informations rapportées par des sources locales. Un Palestinien a été blessé par des tirs dans le camp de réfugiés d’Al-Bureij, au centre de l’enclave. Dans le nord, les véhicules militaires ont ouvert le feu en direction de l’est du camp de Jabalia et du nord de Beit Lahia, tandis que les zones orientales de la ville de Ghaza ont été visées par des tirs d’artillerie. Dans le sud, les forces d’occupation ont également tiré en direction des secteurs est et sud de Khan Younès, ainsi que dans la zone située à l’est de la ville de Hamad, où des tirs nourris ont été signalés. Ces attaques font suite à une nouvelle journée meurtrière, mardi, marquée par le martyr de sept Palestiniens, dont un enfant et un couple, ainsi que par plusieurs blessés. Des bombardements, des tirs intenses et des opérations de destruction ont également été signalés dans différentes parties de l’enclave. Le ministère de la Santé de Ghaza a annoncé l’arrivée de sept martyrs et de 24 blessés dans les hôpitaux du territoire au cours des dernières 24 heures. Selon son bilan quotidien, les attaques survenues depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu ont fait environ 1 534 martyrs et 5 486 blessés. Les agressions s’accompagnent de la destruction continue de logements et de nouveaux ordres d’évacuation contraignant des familles à se déplacer une nouvelle fois. Le Centre palestinien des droits de l’homme a ainsi recensé 18 martyrs, dont trois enfants et deux femmes, entre le 14 et le 18 octobre, lors d’attaques ayant touché des rassemblements de population, des habitations et des tentes de déplacés.

Près d’un million de déplacés menacés par les inondations
À cette insécurité persistante s’ajoute une menace humanitaire majeure à l’approche de l’hiver. Les Nations unies ont alerté sur les risques d’inondations auxquels sont exposés près de 950 000 Palestiniens déplacés dans la bande de Ghaza, dont plus de 400 000 se trouvent dans des zones présentant un risque élevé. Selon un rapport publié sur le site des Nations unies en Palestine, 294 250 familles ont besoin d’une aide en matière d’hébergement pour affronter la saison hivernale. Or, les stocks disponibles n’ont permis au Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) de fournir une assistance en matière d’abris qu’à environ 18 % des familles concernées. La situation est aggravée par les conditions de vie de centaines de milliers de déplacés, contraints de s’abriter dans des tentes et des structures provisoires délabrées, incapables de les protéger convenablement contre la pluie, le froid et les intempéries. Le Bureau des médias du gouvernement de Ghaza avait indiqué, le 17 août dernier, qu’environ 2,15 millions de déplacés, répartis entre 509 393 familles, vivaient dans des conditions humanitaires extrêmement difficiles. Parmi eux, plus de 800 000 personnes résidaient dans des tentes impropres à la vie humaine. En septembre, la même instance avait averti que plus de 60 % des tentes utilisées par les déplacés étaient usées et nécessitaient un remplacement immédiat. Les précédentes saisons hivernales ont déjà montré l’ampleur de cette vulnérabilité. Les tempêtes et les inondations provoquées par les eaux de pluie ont détruit ou endommagé des milliers de tentes et d’abris de fortune, plongeant les familles dans des conditions de vie froides, humides et dangereuses, selon des témoignages d’organisations palestiniennes et internationales de défense des droits humains.

L’aide alimentaire également sous pression
Le rapport onusien met également en garde contre l’aggravation de la faim dans la bande de Ghaza, où les restrictions budgétaires entraînent une réduction du nombre de repas distribués quotidiennement aux populations vulnérables. Lundi, le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé une réduction d’environ un tiers de son aide alimentaire dans le territoire en raison du manque de financement. L’agence a souligné l’urgence de mobiliser 450 millions de dollars afin de garantir la poursuite de ses opérations essentielles dans la bande de Ghaza et en Cisjordanie occupée entre octobre 2026 et mars 2027. Entre les bombardements, les déplacements répétés, la précarité des abris et la diminution de l’aide alimentaire, les conditions de vie des Palestiniens continuent ainsi de se dégrader. À l’approche de l’hiver, l’insuffisance des moyens de protection et de secours fait craindre de nouvelles conséquences dramatiques pour les familles déplacées, en particulier les enfants.
M. S.