GHASSAN SALAMÉ LORS DE LA RENCONTRE DES PAYS VOISINS À LA LIBYE, À KHARTOUM : «Présence de groupes terroristes au sud libyen »

La réunion périodique de responsables des pays voisins à la Libye, tenue dans la Capitale Khartoum, en présence de l’envoyé des Nations unies pour la Libye, Ghassan Salamé, a vu pour la première fois, la présence de responsables de l’Italie et de la France. La participation de ces deux pays de l’Union européenne, à la 12ème réunion en question intervient, faut-il le noter, à moins d’un mois après la Conférence internationale de Palerme, en Italie, sur le dossier libyen, à laquelle ont pris part les principaux acteurs de la scène libyenne, de hauts responsables des pays de la région et étrangers. Révélant ; dans son intervention que le sud libyen «est envahi» par des groupes terroristes, venus, selon l’émissaire onusien pour la Libye, «du Niger et du Mali» a précisé, Ghassan Salamé, s’exprimant vendredi dernier, à la 12ème réunion des pays voisins de la Libye, sanctionnée par l’adoption d’une déclaration. Les six pays voisins de la Libye ont réaffirmé leur «soutien à l’unité et l’intégrité territoriale» de ce pays plongé dans le chaos, appelant avec insistance «à l’arrêt de toute ingérence étrangère» en Libye, en mettant l’accent sur «l’extrême importance», est-il indiqué, qui doit être accordée à la lutte contre le terrorisme et le crime organisé dans les régions libyennes, notamment du sud du pays. Présente à la réunion de Khartoum des pays voisins de la Libye, l’Algérie a été représentée par le chef de cabinet du ministère des Affaires étrangères, Abdelmadjid Naâmoune. Réaffirmant, encore une fois, la tenue de la conférence nationale inter-libyenne, début l’année prochaine, Ghassan Salamé a fait savoir que la conférence en question, de réconciliation nationale regroupera toute les composantes libyennes en vue d’asseoir une dynamique d’ensemble pour la tenue des élections dans ce pays, en printemps 2019, seule voie à même de voir la Libye renouer avec la vie politico-institutionnelle et sortir de la spirale du chaos et de la violence qui ravagent le pays, depuis plus de sept ans. La rencontre entre Libyens dans leur pays, prévue début de l’année prochaine, selon le responsable onusien, verra selon des médias libyens et étrangers, la nomination d’un gouvernement d’union nationale qui sera chargé d’organiser des élections courant printemps 2019, selon toujours l’agenda annoncé par Ghassan Salamé. Ses déclarations sur l’activité terroriste en Libye, outre qu’il a révélé la présence de groupes terroristes dans le sud libyen, l’émissaire onusien a précisé que les deux attentats terroristes menés dernièrement, dans le Sud libyen, revendiqués par les terroristes de Daech, Ghassan Salamé a indiqué que ces actes terroristes ont été commis par «de nouveaux arrivés» selon son expression. Présente à la réunion de Khartoum des voisins de la Libye, Amira Al Fadel, la représentante de l’UA pour la Libye a assuré que l’institution africaine «mettra tout en œuvre pour appuyer» la réunion inter-libyenne, début l’année 2019, appelant «à ce que tous les efforts régionaux et internationaux aillent dans ce sens» a-t-elle souligné. Un appel qui n’a cessé d’être lancé par les Libyens eux-mêmes, outre des responsables de pays de la région, notamment l’Algérie, qui vient d’être réitéré cette fois-ci, par l’UA, en la personne de Amira Al Fadel, à partir de la réunion de Khartoum, à laquelle ont pris part, pour la première fois, des responsables venus d’Italie et de France, au lendemain de moins d’un mois de la rencontre internationale de Palerme, sur la Libye qui a vu la présence des principaux acteurs libyens. Si au sein de l’opinion libyenne des voix s’élèvent pour pointer du doigt la responsabilité de pays occidentaux dans la persistance du chaos et de la violence dans leur pays, des observateurs avérés considèrent que des pays occidentaux visent à asseoir, sur le chaos engendré en Libye, par l’intervention de l’Otan, en 2011, un autre ordre devant garantir en premier et en dernier lieu leurs intérêts économiques et leurs visées géopolitiques outre stratégiques, à l’origine de l’entrée en force, en 2011 d’acteurs étrangers dans la crise qui a secoué le pays, précipitant l’intervention militaire de l’Alliance Atlantique (Otan).
Karima Bennour