Mokhaznis

FORCES AUXILIAIRES MAROCAINES : Des « M’khazenis » désertent les rangs et demandent l’asile à Ceuta

Le couloir de passage vers la ville autonome de Ceuta, ouvert mai dernier par le Maroc à la migration clandestine, ne profite pas qu’à ses citoyens, lesquels continuent du reste à être interceptés par les gardes côtes espagnols. Aux dernières nouvelles, même les éléments de son armée en ont marre de servir le royaume de « Sa Majesté » au détriment d’un peuple réprimé et paupérisé.

Ainsi, quatre membres des Forces auxiliaires marocaines ont été interceptés, la semaine dernière, à Ceuta, après avoir gagné en nageant à leurs risques et périls la côte de la ville autonome espagnole. Objectif, demander l’asile à Ceuta et se rendre dans la péninsule espagnole. Selon le journal espagnol El Confidencial, qui a révélé les faits dans son édition d’hier, ces militaires ont déserté l’armée et fui le Maroc à cause de la dégradation de la situation sociale dans le Royaume.
Communément appelés les « Mokhaznis », allusion à l’allégeance prêtée au Makhzen, ces éléments d’élite de l’armée marocaine sont spécialisés dans le service de maintien de l’ordre. Pour dire vrai, ils sont abusivement employés pour réprimer les Marocains tout comme d’ailleurs les Sahraouis dans leur propre territoire occupé.
Mis sous-titre évocateur « Quand ceux qui devraient empêcher l’émigration émigrent en Espagne à partir du Maroc », El Confidencial met en lumière ce qui s’apparente à une vague de désertion qui provoque une saignée dans les rangs de l’armée marocaine. Ce qui est une première pour des militaires marocains qui vont jusqu’à prendre le large clandestinement et nager de leurs propres mains pour fuir la mal-vie prévalant au Maroc, en proie à une crise multidimensionnelle. Autrement, relève le journal espagnol, « quelques fissures dans l’un des corps de sécurité du Royaume du Maroc ». « Bien qu’ils gagnent peu, moins de 500 euros par mois, ce sont des fonctionnaires de l’État qui perçoivent un salaire chaque mois s’efforcent malgré tout d’émigrer », fait observer El Confidencial, notant que « dans un pays en proie au chômage, leur situation est privilégiée ». Que dire dès lors de la situation des Marocains si les militaires, ces gardiens du temple de Mohamed 6, fuient le pays à la recherche d’une meilleure vie ?
Composées d’environ 45 000 hommes, les forces auxiliaires marocaines sont placées sous les ordres des walis et peuvent assister la police, la gendarmerie, la Protection civile et tout autre corps constitué. « Les « Mokhaznis » agissent avant tout comme une force anti-émeute sur laquelle incombe, dans une large mesure, la lutte sur le terrain contre l’émigration irrégulière », explique le même journal, ajoutant que ces forces sont souvent déployées dans les environs de Ceuta et Melilla.
Farid Guellil