Finance islamique : la panacée à la crise ?

Ce sont les moments de crise qui font ressortir, souvent, des sujets qui peuvent être des remèdes à certains problèmes. La crise économique que traverse actuellement l’Algérie suite à la chute des cours du pétrole pousse le gouvernement à chercher d’autres alternatives pour y faire face. Quand on parle de crise économique, l’on se réfère au caractère fluctuant et cyclique de l’activité économique, mesuré par le taux de croissance du Produit intérieur brut (PIB). Ce taux de croissance est «critique» -d’où le mot «crise»- car l’emploi et le revenu des ménages sont directement corrélés à la croissance du PIB. Le volet financier revêt une grande importance dans ce cas-là. Jusqu’ici, l’on n’a vu que quelques dispositions, dont celle relative à l’intégration de l’argent informel dans le circuit formel.
La finance islamique interroge. À l’heure d’une crise sévère du système financier international, qui s’accompagne d’une crise économique et géopolitique majeure, voire même d’une crise de civilisation, elle se pose en alternative. Ne s’agit-il pas là d’un défi majeur à l’ordre économique et financier dominant? La finance islamique a bénéficié d’un effet d’aubaine en France, lors du déclenchement de la crise économique et financière en 2008. Conférences et débats se sont multipliés pour appeler les acteurs du monde financier à adopter, en parallèle du système conventionnel, des nouveaux modèles alternatifs plus éthiques, parmi lesquels la finance islamique.
En Espagne, le pays le plus touché par la crise, la finance islamique a percé et, depuis 2008 jusqu’à présent, le pays est en train de sortir de sa crise et son économie retrouve son aubaine. Avec la crise actuelle du marché pétrolier, le sujet refait surface. La finance islamique est-elle un remède à la crise ? il faudrait donc le développer pour connaître la réponse, l’Espagne l’a bien adoptée et a réussi son pari. Qu’en est-il de cette «formule» en Algérie au moment où l’on essaye de chercher les meilleures solutions pour faire face à la baisse des prix du pétrole. Notre pays peut-il devenir le hub de la finance islamique ? Cette question, au demeurant importante, revient sur toutes les lèvres des spécialistes algériens, compte tenu de l’enjeu et des attentes et surtout de l’intérêt des Algériens qui commence à apparaître. Si dans certains pays occidentaux, les législateurs cherchent actuellement à créer les conditions réglementaires, afin de permettre à leurs banques de capter les capitaux «halal», la législation algérienne a déjà autorisé ce genre d’opération depuis 1991, lors de l’agrément de la première banque privée, spécialisée dans ce financement, à savoir El-Baraka Bank. Mais pour les spécialistes en la matière, ce marché, qui a vu le jour dans notre pays depuis 19 ans, demeure, à présent, à l’état embryonnaire. Il ne représente, selon les chiffres fournis lors de ce forum, seulement 1,5% du système financier national, et près de 15% des banques privées. Et le nombre de banques et établissements agréés, depuis, se comptent sur les doigts d’une seule main : trois banques (El-Baraka, Essalem et AGB), ainsi qu’une compagnie d’assurance (Salama) opèrent actuellement en Algérie, selon les préceptes de la charia. Le motif ? La loi sur la monnaie et le crédit autorise, certes, les opérations d’investissement et de commerce conformes aux préceptes de la loi islamique (charia), mais ne les a pas clairement définies en tant que catégorie spécifique de financement.
I. B.

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