Zhor Fergani la voix du Rocher

Film documentaire «Z’hor Fergani, la voix du Rocher» : Projection en avant-première à Constantine

Le film documentaire «Z’hor Fergani, la voix du Rocher» sur la chanteuse Z’hor (1915-1982), la Grande dame du chant traditionnel constantinois a été projeté lundi, au Musée public national Cirta à Constantine en présence de nombreux mélomanes de la musique savante à l’occasion du centenaire de chanteuse.

Le documentaire de 52 minutes réalisé par Soraya Ammour, est un voyage dans le temps racontant le parcours artistique de cette grande dame de la chanson arabo-andalouse, ses tournées à travers toute l’Algérie, les enregistrements de ces disques ainsi que ses «live» à la télévision. Des témoins, artistes et membres de la famille de Z’hor Fergani, la sœur ainée du chantre du malouf, hadj Mohamed Tahar Fergani, ont rehaussé ce travail de mémoire. La réalisatrice, Soraya Ammour, a indiqué lors du débat qui a suivi la projection de ce documentaire, que ce travail était le fruit de deux années de recherches et de recoupements d’information sur la chanteuse et son parcours artistique. Mme Ammour a souligné les difficultés rencontrées pour trouver des témoins de l’époque, relevant que l’essentiel des séquences du documentaire a été puisé des archives de la télévision algérienne. Le documentaire clôt une exposition baptisée «Z’hor Fergani, centenaire d’une diva» ouverte depuis le 3 avril courant au musée Cirta. L’exposition met en avant des dizaines de photos de la chanteuse tenant son violon qui ne l’a jamais quitté, dans ses concerts animés dans les quatre coins du pays et les fêtes familiales avec sa troupe de «Banoutate». Une belle photo de Z’hor Fergani en M’laya prise en 1969 au palais des Nations (Alger) à côté de la chanteuse Nora et d’autres artistes participants au Congrès de la musique arabe, attire particulièrement l’attention des visiteurs de cette exposition dont les objets appartiennent au gendre de la chanteuse, Slimane Gasmi Des effets personnels de la cantatrice de Cirta, ses gandouras, son violon, ses disques et les articles de presse qui lui ont été consacrés sont également exposés. Née Fatima-Zohra Regani, Hadja Z’hor a vu le jour à Constantine le 16 février 1915 dans une famille de musiciens et de chanteurs. Elle a interprété tous les aspects du chant de l’est du pays, notamment le M’dih, el Hawzi et le zadjal au sein de la troupe féminine des «Banoutate». Selon plusieurs artistes de la ville, El Hadja Z ‘hor Fergani fut la pionnière dans l’interprétation en public du Mahdjouz et du Zedjel, accompagnée des plus grands orchestre et grands maîtres et a fait sortir le chant traditionnel féminin de Constantine du cercle restreint des femmes et des fêtes familiales pour le placer sur la scène publique et nationale.