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FILIÈRE HALIEUTIQUE : La production atteindrait 150 000 tonnes à l’horizon 2024

Le gouvernement, qui peine à faire face à la flambée des prix du poisson et notamment la sardine, promet de faire passer la production halieutique, des 100 000 tonnes réalisés actuellement à environ 150 à 160 000 tonnes à l’horizon 2024.

Engagé dans une nouvelle stratégie de gestion du secteur de la pêche, prévoyant même une vision d’exploitation des eaux extraterritoriales et océaniques, le ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques, Sid Ahmed Ferroukhi, a déclaré que « la nouvelle stratégie se décline à travers une rupture forte par rapport au modèle productif existant ». « On va essayer surtout de développer de nouvelles activités en préservant celles qui existaient déjà. Nos objectifs sont dans la création de nouveaux emplois, essentiellement dans l’économie de la pêche et de l’aquaculture. Mais il y a aussi les 120 000 emplois qui existent et qu’il faut préserver, car derrière il y a des familles et des revenus », a expliqué Sid Ahmed Ferroukhi, hier, sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio nationale. Cela inclut aussi « la pêche au large et la création d’aquaculture à travers l’encouragement de la création de jeunes entreprises, ainsi que la relance des industries de transformation des produits de la mer », a-t-il poursuivi. Sid Ahmed Ferroukhi, qui avait occupé par le passé, ce ministère avant de le quitter en 2015, s’est engagé d’entamer « une rupture » avec les anciennes pratiques dans le secteur. Il a dit toutefois qu’« il s’agit d’une rupture qui est à la fois progressive mais aussi réfléchie, parce qu’il faut aussi valoriser ce qui existe ». « On ne peut pas faire table rase et partir de zéro. Et en même temps, on essaye d’aller là où on n’a pas l’habitude d’aller. On a des profondeurs dans les ressources halieutiques, y compris en mer », a fait savoir le ministre Ferroukhi. «  Sur les 20 ou 30 dernières années, on a continué à pêcher sur les 6 ou 8 miles, c’est-à-dire à peu près une dizaine de kilomètres.
On va essayer comment valoriser cette ressource. Il faut bien la gérer et être dans une logique de durabilité », a-t-il souligné. Sid Ahmed Ferroukhi a annoncé également que les efforts entrepris par son ministère visent également à générer 30 000 nouveaux postes d’emploi, en plus des quelque 120 000 occupés présentement dans les activités de pêche et à ceux qui lui sont liés. Pour lui, il s’agit, par ailleurs, d’étudier les moyens propres à combattre « les mauvaises pratiques de pêche » et à mieux gérer et valoriser, « dans une logique de durabilité » les ressources « limitées » de poisson, estimées à environ 166 000 tonnes, sur quelque 300 à 350 000 tonnes connues. Pour concrétiser cet ensemble d’objectifs, le ministre signale qu’il y a lieu de concentrer les efforts sur la formation de marins-pêcheurs, la construction navale, celle des équipements, mais aussi de lier des actions de coopération avec des partenaires étrangers installés sur la façade atlantique dotée, dit-il, d’une solide expérience dans le domaine de la pêche hauturière.
De l’organisation du secteur de la pêche, il s’agit, affirme-t-il, d’une « refonte », sachant, déclare-t-il, que « ni les producteurs, qui terminent l’année avec tout juste le SNMG, ni les consommateurs ne sont contents de la situation » concernant autant le prix du poisson que sa qualité.
Le ministre Ferroukhi a insisté aussi sur l’exploitation des espaces marins. « On a une longueur de côte qui est très importante, mais on a des espaces marins qu’on peut exploiter pour produire des poissons, pas sous un format de la pêche mais sous format d’aquaculture », a-t-il argumenté. Et puis : « On a aussi un autre espace qui est notre espace continental, c’est-à-dire la profondeur que nous avons dans notre pays, qui peut être dans le Sahara ou dans les autres zones. Et là, nous avons aussi de l’eau, parce que “halieutique” c’est tout ce qui vit dans l’eau et pas uniquement l’eau de mer. Donc on peut aller aussi vers le Sud et exploiter cette ressource perdue que personne n’exploite aujourd’hui ».
Sur les prix jugés très excessifs de la sardine, Ferroukhi reconnait que les causes sont multiples, mais, regrette-il, c’est le client qui en subit les conséquences. Comment expliquer cette flambée ? D’extrême difficulté des ménages à accéder aux produits de la mer, notamment la sardine proposée à prix forts, Ferroukhi a mis en avant les « mauvaises pratiques » d’intermédiaires sans scrupule, promettant qu’à ce titre, « beaucoup de choses pourraient être améliorées, entre juin et octobre », la saison où celle-ci est pêchée en quantité. Il a promis ainsi que les prix seront «économiques et concurrentiels », car, assume-t-il, c’est l’objectif qu’on s’est donné.
Hamid Mecheri