Face à la propagation d’Ebola en Afrique, l’OMS exhorte le Zimbabwe à évaluer sa préparation sanitaire et à renforcer ses systèmes de surveillance. Sur fond d’épidémies persistantes dans plusieurs pays africains, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a incité, lundi, le Zimbabwe à examiner son niveau de préparation face à Ebola et à renforcer sa surveillance épidémiologique.
S’exprimant à Harare à l’occasion du lancement de deux subventions d’un montant total de 16,82 millions de dollars américains visant à renforcer la préparation du Zimbabwe face à une pandémie, le représentant de l’OMS au Zimbabwe, Desta Tiruneh, a souligné l’importance d’un plan de préparation solide pour lutter efficacement contre la maladie une fois qu’elle serait détectée dans le pays. « Bien que le Zimbabwe n’ait signalé aucun cas d’Ebola, c’est le moment idéal pour évaluer de manière critique et remettre en question notre niveau de préparation », a déclaré Tiruneh, appelant notamment à mettre en place des systèmes de surveillance pleinement opérationnels, des contrôles aux points d’entrée, des capacités de diagnostic en laboratoire et des équipes d’intervention rapide pour contenir tout cas importé potentiel.
La transmission transfrontalière, une menace réelle
Constatant que l’épidémie s’était déjà propagée au-delà de la République démocratique du Congo (RDC) à des pays comme le Kenya et le Nigeria, Tiruneh a averti que les agents pathogènes ne respectaient aucune frontière, et que la transmission transfrontalière demeurait une menace réelle. Les autorités sanitaires sont ainsi conseillées à revoir les plans nationaux d’intervention, à combler leurs lacunes opérationnelles et à renforcer la coordination à tous les niveaux administratifs pour assurer une détection et un confinement rapides.
Le nombre de cas d’Ebola en RDC dépasse les 10 000 alors que l’épidémie se propage à travers l’Afrique.
La République démocratique du Congo (RDC) a déclaré hier, avoir recensé plus de 10 000 cas confirmés d’Ebola depuis le début de l’épidémie en mai, selon les données publiées mardi par les autorités sanitaires du pays. Le dernier rapport indique que le pays avait enregistré un total de 10 060 cas confirmés, dont 4 887 décès, au 25 octobre, avec un taux de létalité de 48,6 %. L’épidémie a touché 66 zones sanitaires réparties dans huit des 26 provinces de la RDC.
La province orientale d’Ituri est restée l’épicentre, représentant 71,7 % de tous les cas confirmés, selon le rapport. L’épidémie actuelle, causée par le virus Ebola Bundibugyo, a été déclarée en RDC le 15 mai. Elle s’est depuis propagée à cinq pays, dont quatre en Afrique : l’Ouganda, le Kenya et le Nigéria. La France a signalé un cas importé.
Contrairement à la souche Ebola Zaïre, plus courante, le virus Bundibugyo ne dispose d’aucun vaccin homologué ni de traitement spécifique. L’épidémie actuelle d’Ebola est devenue la plus importante et la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC et la deuxième plus importante au monde, après celle de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest.
R. I.










