ZAIDI Rafik (3)

Exposition : Le regard du photographe Rafik Zaidi sur les femmes sahraouies

Une exposition de photographies et de portraits vidéos dédiée aux femmes sahraouies et à leurs aspirations de liberté et d’indépendance ainsi qu’à leurs visions de l’avenir, a été inaugurée dimanche à Alger par le photographe Rafik Zaidi.

Organisée à la villa Dar Abdeltif, cette exposition présente une série de photos prises par le photographe lors d’un récent séjour à Tifariti, dans les territoires sahraouis libérés. Rafik Zaidi a réalisé les portraits d’une dizaine de femmes, tous âges confondus. Ce qui tranche dans ces portraits c’est le sourire et les yeux rieurs. Les Sahraouis sont d’ailleurs connus pour leur tempérament calme et pacifique, endurant et optimiste à la fois. A croire qu’ils ne vivent pas dans des conditions d’existence pénibles, dans des tentes ou des maisons en torchis, avec des difficultés d’approvisionnement en eau. Zaïdi les a interrogés sur leurs aspirations et leurs visions de l’avenir, et la réponse de chacune des femmes est résumée en quelques mots par le photographe. Tourba Bibou Kzili « espère retourner dans son pays indépendant et libre » alors que Ghelana Ment Aba Ould Hcene veut « pouvoir voyager seule, libre et indépendante et pouvoir traverser sa patrie et voir son drapeau flotter ». Plusieurs jeunes femmes interrogée et photographiée par Rafik Zaidi souhaitent également « faire des études pour pouvoir exercer divers métiers et s’assurer un avenir ». D’autres femmes racontent leurs souffrances quotidiennes à demi-mots au photographe en évoquant une famille dont le père a perdu la vue et la mère l’usage d’un bras et qui n’aspirent qu’à avoir un « toit sûr » alors que Khouala Manty espère être « préservée de la guerre, des souffrances et de toutes les mauvaises choses (…) et avoir assez d’argent pour vivre à l’abri entourée de ces enfants ». En plus de l’exposition de photographies, Rafik Zaidi diffuse également en continue une vidéo de ses entretiens.
Né le 27 février 1966 à Béjaïa, diplômé de l’Ecole Nationale des Beaux Arts d’Alger, il a travaillé comme reporter de presse de 1990 à 1995 avant d’exercer comme directeur artistique de divers projets d’édition, notamment dans le livre d’art.
Il a fait de nombreuses conceptions de maquette et de photos pour divers catalogues d’expositions d’arts plastiques et de photographie. Actuellement il dirige une boite de communication et d’édition à Alger.
Ali El Hadj Tahar