Entretien avec Zaïm Bensaci, président du Conseil consultatif des pme

Le Courrier d’Algérie : -Les dernières nouvelles de l’initiative européenne de jumelage dans le voisinage, qui recense les projets de jumelage en préparation dans le voisinage pour les mois d’août, septembre et octobre 2014, ont été publiées. La liste comprend des projets d’aide à l’administration fiscale en Algérie, que pensez-vous d’abord de ce genre d’initiative?
Zaïm Bensaci : -Les opérations de jumelage avec des entités de la zone euro ne peuvent qu’être bénéfiques pour les jumelés et avoir des retombés non négligeables pour les PME dans notre pays, néanmoins un suivi sérieux et continu des actions initiées par les deux parties est nécessaire, avec des rapports d’étape qui viendront mesurer le chemin parcouru et les bénéfices engrangés à travers un reporting précis. Dans l’étape actuelle, il me semble que les jumelages conçus dans le domaine des entreprises productrices de biens et/ou de services doivent avoir une certaine priorité par rapport à ceux destinés au secteur administratif.

Est-ce que les projets de ce genre lancés auparavant ont donné leurs fruits en Algérie?
Nous n’avons pas d’informations affirmant que de tels projets ont été fructueux ou n’ont constitué qu’un vœu pieux sur une feuille de papier.

Quels sont, à votre avis, les secteurs qui méritent ce genre de jumelage?
Comme déjà énoncé dans la réponse une, de mon point de vue, une attention particulière devra être attachée au domaine des entreprises productrices de bien et de services, notamment celles industrielles, tant le tissu industriel algérien est insuffisant dans l’ambition d’un pays possédant les grands atouts que détient l’Algérie.
Nous pouvons citer les secteurs de la mécanique de l’électronique des entreprises innovantes de celles privilégiant l’exportation, du bâtiment, afin de les rendre aptes à utiliser toutes les nouveautés en matière de production, de gestion et de formation, notamment des équipes dirigeantes.

Comment évaluez-vous la relation Algérie-UE, surtout dans le domaine économique?
La relation économique Algérie-UE s’est révélée, de mon point de vue, très décevante, vu les espoirs mis en elle. Au plan de la balance commerciale, on ne peut que constater que les exportations algériennes, hors hydrocarbures, sont quasiment nulles. Ceci fait que l’Accord «UE-Algérie» n’a pratiquement bénéficié qu’à l’Union européenne, l’Algérie se contente de miettes. Au plan des aides de l’UE à l’Algérie, là aussi l’Algérie a tiré très peu de bénéfices.
Pour preuve, les résultats du programme Meda 1, dont l’ambition proclamée était la mise à niveau des PME algériennes pour les amener à celui des PME de l’UE, en vue de leur permettre de traiter d’égal à égal avec leurs consœurs européennes.
Le résultat est connu de tous. En conclusion de mon point de vue, les aides accordée par l’UE se sont révélées soit insuffisantes, soit très peu opérationnelles.
Entretien réalisé par Ines B.

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