Un rapport publié par le magazine international « PV Magazine » rappelle que le système énergétique algérien repose presque entièrement sur le gaz naturel, qui constitue la base de la consommation intérieure et des recettes d’exportation. Le rapport cite l’expert algérien Boukhalfa Yaici, directeur du Cluster Énergie Verte en Algérie, qui a souligné que la transition vers les énergies renouvelables relève davantage de la souveraineté énergétique et d’une logique économique que de considérations environnementales. Il a souligné que chaque mégawattheure produit grâce à l’énergie solaire ou éolienne permet d’économiser une quantité équivalente de gaz qui peut être exportée ou utilisée pour des applications industrielles à valeur ajoutée. Le rapport publié par le magazine international « PV Magazine » se réfère à une table ronde organisée par l’Association de l’industrie solaire du Moyen-Orient (MESIA), qui a conclu que l’Algérie possède toutes les ressources naturelles nécessaires, notamment un fort ensoleillement, de vastes superficies et une situation géographique proche de l’Europe. Le rapport affirme que le succès du marché dépend non seulement de l’efficacité des panneaux solaires ou de l’intérêt des investisseurs, mais aussi d’un cadre réglementaire stable.
Ce cadre doit inclure des procédures d’autorisation claires, la disponibilité des terrains, la facilité de raccordement au réseau, des processus d’appel d’offres transparents et la promotion des partenariats locaux – autant d’éléments qui déterminent la pérennité des projets tout au long de leur durée de vie opérationnelle de 20 à 30 ans. On sait que la conjoncture favorable aux investissements dans les énergies fossiles n’a pas, pour autant, poussé l’Algérie à délaisser les programmes relatifs aux énergies renouvelables.
Au contraire, le gouvernement a affirmé sa volonté d’aller plus vite dans la voie de la transition énergétique. L’accent est mis sur les nouveaux enjeux liés au développement des énergies renouvelables, à la mobilité électrique et à l’hydrogène. À propos de la mobilité électrique, un programme de déploiement de stations de recharge pour véhicules électriques a permis de réaliser 1.000 points de recharge à travers le territoire national, y compris sur l’autoroute Est-Ouest. Leur mise en service interviendra « dès la finalisation du cadre réglementaire et juridique à l’étude », a fait savoir le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Adjal. Pour rappel, le programme de développement des énergies renouvelables, adopté en février 2011 par le gouvernement, rectifié en mai 2015, puis réajusté en 2020, a pour objectif la production de 15 000 MW en 2035. Il est en cours de réalisation dans sa première phase, consistant en la production de 3.200 mégawatts par 22 centrales solaires, avec des capacités qui varient entre 80 et 220 mégawatts, dans 14 wilayas, et dont une partie est entrée en service. Un autre programme de production de 3 000 MW supplémentaires est envisagé. Il est prévu d’alimenter en électricité les régions enclavées et éloignées du réseau, notamment dans le Sud du pays, par des dispositifs solaires individuels et des centrales photovoltaïques hors réseau « off-grid ». Le ministère de l’Energie et des Energies renouvelables a été créé en août 2025 pour concentrer ses efforts sur l’accélération de la diversification des ressources énergétiques. L’objectif visé : un mix énergétique équilibré mobilisant l’ensemble des sources disponibles, notamment par l’augmentation optimale de la part des énergies nouvelles et renouvelables. À l’origine, le développement des énergies nouvelles et renouvelables en Algérie était principalement destiné à la production d’électricité pour les particuliers et les établissements publics (liés, notamment, à l’éducation nationale) ainsi que l’éclairage public, dans le but d’épargner des quantités de gaz à orienter vers l’exportation pour répondre aux besoins du marché européen. Depuis peu, une nouvelle démarche tend à intégrer les énergies renouvelables dans les grands projets à caractère stratégique, notamment dans les régions disposant d’un fort potentiel solaire.
M. R.













































