Air Algérie

En situation de sureffectifs : Air Algérie gèle le recrutement des pilotes

À présent, et comme mesure d’urgence, la compagnie aérienne nationale décide de geler le recrutement des pilotes de ligne, étant en situation de surnombre, sur un total de plus de 9.500 salariés, largement en deçà de l’assiette emploi d’Air Algérie.

Derrière cette décision, Air Algérie tente de résister à deux difficultés pour le moins compliquées, notamment sur les plans financier et social. Pour répondre à cet impératif, la direction de la compagnie cherche la formule la plus équilibrée possible à partir de ces deux données.
C’est-à-dire, comment garantir les salaires à ses employés et éviter par la même de recourir à une compression des effectifs en situation de surnombre. Toutefois, consciente de sa responsabilité sociale, la direction de l’entreprise fait tout pour sauvegarder les emplois au profit des salariés et leurs familles.
Pour le premier souci cité, d’aucuns reconnaissent les difficultés financières traversées par Air Algérie, dont le ministre des Transports lui-même et la Direction de cette entreprise publique. Fin janvier dernier, Abdelghani Zaâlane a déclaré que l’entreprise «est en situation financière difficile, mais pas en faillite» comme l’aurait estimé, avant lui, le P-DG de la compagnie, Alleche Bakhouche, en réaction au mouvement de grève des techniciens de maintenance avion qui réclament la révision de leur grille salariale.
Depuis lors, la situation financière de l’entreprise n’a pas changé pour autant. Sur le plan social, et aux dernières nouvelles, la direction de la compagnie aérienne a pris deux mesures à la fois restrictives et préventives à l’effet d’amortir les effets de la crise des finances qu’elle traverse.
Ainsi, dans une déclaration faite hier à nos confrères de TSA, Bakhouche annonce le gel de recrutement des pilotes de ligne dont le nombre des personnes employées a atteint les 500 sur un total de 9.589 travailleurs répartis sur les différentes divisions d’Air Algérie. Ce gel est motivé par le fait que l’entreprise ne pourrait créer d’autres postes budgétaires dans ce compartiment malgré le fait que «la situation économique et financière de la société est maitrisée», assure le même responsable. À en croire, le P-DG d’Air Algérie, sauf dans le cas d’un besoin d’extrême urgence, il n’y aurait pas une ouverture de nouveaux postes dans cette catégorie d’employés.
D’autre part, pour contourner le problème des sureffectifs, il sera procédé à une nouvelle répartition des employés en surnombre, lesquels seront affectés dans des postes relevant d’autres filières qu’il conviendra à créer «prochainement», estime la même source, qui parle du lancement d’une étude en ce sens.
Farid Guellil