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EN APPUI AU MOUVEMENT POPULAIRE PACIFIQUE : Une «déclaration citoyenne» propose une sortie de crise

Alors que le Mouvement populaire pacifique, entamé le 22 février 2019, se poursuit toujours, les propositions pour une sortie de crise se multiplient. Classe politique, société civile, personnalités nationales et simples citoyens, tout le monde tente de contribuer à sa manière.

Sous le slogan, « justice, dignité, liberté », une déclaration des citoyennes et des citoyens, est mise en ligne afin de réunir un grand nombre de signataires à travers le territoire national et à l’étranger et ce dans l’objectif de créer un appui moral et politique au mouvement populaire. Dans cette déclaration, il a été souligné la nécessité et l’urgence, à ce stade de la révolution populaire, de créer une instance nationale de médiation qui aura pour mission de proposer au pays, après consultations des différentes parties concernées, les modalités concrètes de la transition démocratique et de créer les conditions d’un dialogue qui ouvrira la voie de la transition exigée par les citoyens.
Cette instance devra être composée de personnalités qui possèdent les qualités morales, la compétence ainsi que la volonté nécessaire à l’accomplissement de cette mission patriotique de la plus haute importance. L’on appelle, dans ce contexte, le gouvernement actuel à démissionner et qu’il soit remplacé, pour une durée déterminée, par un gouvernement composé de personnes intègres et compétentes, acceptées par le mouvement populaire. Que le gouvernement présente publiquement son programme détaillé et s’engage solennellement sur sa mise en œuvre, et qu’il s’engage notamment à arrêter la dégradation de la situation économique et sociale du pays.

Libération des détenus d’opinion et politique
En concertation étroite avec toutes les forces politiques et sociales, celui-ci devra créer les conditions les plus favorables à l’élaboration, à la discussion et à l’adoption de la nouvelle Constitution, préparer les conditions juridiques, politiques et administratives de la tenue d’élections présidentielles, législatives ou locales démocratiques, dont l’établissement d’une instance indépendante chargée de la préparation et de la tenue des élections. L’on appelle également ce gouvernement à libérer tous les détenus politiques, à faire cesser la répression contre les citoyens et les militants politiques, à libérer le champ médiatique et garantir et protéger la liberté d’expression.
Il aura, en outre, pour tâche de libérer la vie associative, politique et syndicale, créer les conditions juridiques, politiques, administratives et professionnelles pour l’émergence rapide d’une justice indépendante, engager une lutte efficace contre la corruption ainsi que toutes les tentatives de déstabilisation du mouvement populaire. Aussi il a été demandé à tous ceux qui détiennent du pouvoir, de l’influence, de la légitimité ou de la crédibilité, d’assumer clairement leurs responsabilités dans le contexte historique exceptionnel que vit le pays.
Les élaborateurs de cette déclaration appellent à former des Institutions étatiques composées de personnes intègres et compétentes, chargées notamment de préparer les conditions juridique, politique et administrative de la tenue d’élections démocratiques et de créer les conditions favorables à l’élaboration, à la discussion et à l’adoption de la future Constitution.
Ils ont mis l’accent sur la nécessité d’œuvrer à créer les Institutions démocratiques de la société et donc créer des associations, des partis, des syndicats en cohérence avec la dynamique de la révolution en cours, mais également d’organiser des discussions publiques sur toutes les questions politiques qui seront traitées dans le cadre de l’élaboration de la future Constitution, sans oublier, toutefois, la poursuite de la mobilisation massive et pacifique du mouvement populaire pour le triomphe et la consécration de l’unité nationale, de la souveraineté populaire et de la démocratie.
Ania Nait Chalal