Violence lors du match CR Village Moussa-MCA

Elle revient par la lucarne… du pays qui l’a le mieux combattue au monde : Et si la violence ?

Ils étaient là et ils sont repartis. Comme ils sont venus. Sans que personne n’en sache rien. Dans l’anonymat. à moins que ce ne soit un canular (la Faf communique tellement bien ces derniers temps et en temps réel s’il vous plait !), l’opinion est en droit de connaître ce qui s’est dit entre la partie algérienne et cette fameuse délégation d’experts britanniques venus (en principe) mettre sa longue expérience en la matière (lutte contre la violence dans les stades) et comment le phénomène a été combattu avant d’être tout simplement éradiqué. Mais est-ce seulement une priorité pour nos décideurs qui planchent sur d’autres sujets comme la révision (ça urge vraiment ?) du système de compétitions ? La question s’impose d’elle-même.

Le pari difficile d’une lutte en mal de … conviction(s)
Des experts britanniques de la police du football en Algérie. Pourquoi faire ? Et surtout quelles suites à donner à leur expertise ? Si on applaudit l’initiative, personne ne nous dit, depuis cette virée qui a pris fin il y a pratiquement près d’une semaine (son retour en Angleterre était prévu pour le 06 septembre en cours), quelles ont été les recommandations et comment comptent les autorités compétentes (Ministère de l’Intérieur algérien et Faf, les deux instances les plus concernées par le phénomène et la manière de le combattre) s’y prendre pour assurer un exercice (celui qui démarre notamment sur des airs de fêtes ininterrompues depuis le sacre des «Verts» en CAN 19, a déjà donné le ton avec des contestations de décisions arbitrales à tout-va (les communiqués rendus public par la Commission de discipline en faisant foi) faisant le lit à des réactions violentes au fil du déroulement des compétitions, particulièrement à l’approche de verdicts de fins de saisons souvent plus que houleux ces dernières années) plutôt calme ou pour le moins… moins agité. Un pari difficile à relever et un exercice périlleux auxquels se sont essayées, sans trop de succès faut-il le rappeler, les différentes structures dirigeantes s’étant succédées à la tête de nos instances sportives (le mal, profond, a atteint d’autres disciplines dites pourtant «mineures») ainsi que les plus hautes autorités du pays, en tête le Ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire dont bien des responsables, avouant pratiquement leur impuissance devant la «bête immonde» et ses effets dévastateurs (les blessés, aussi bien que les atteintes aux biens et aux personnes, ne se comptant plus, sans compter les traumatismes dus à l’insécurité dans et en dehors d’enceintes sportives en décalage avec les normes internationales et n’offrant plus, et depuis trop longtemps pour ne pas désespérer d’un retour improbable à la «normalité», les plus élémentaires des conditions de confort et de sécurité) et se fondant, faute de mieux, en promesses jamais tenues.
Trois étapes et demi de championnat de disputées. Trop tôt pour émettre un quelconque diagnostic (ce serait présomptueux et hors de propos, les esprits s’échauffant, comme d’habitude au fur et à mesure que les objectifs réels ou supposés des uns et des autres se précisent ainsi que les «dangers» pesant sur l’avenir de certains) et l’impression que l’effet CAN et le cadeau offert au public algérien par la bande à Belmadi restant difficiles à dissiper, sont là à faire oublier (dirigeants et opinion y compris) à un peu tout le monde combien il reste vain, dans nos murs, de retenir l’essentiel. Pour ne pas dire les leçons. Comme quoi ou comme si la bête immonde s’était terrée une fois pour toutes. S’est faite oublier et avec elle les craintes et les menaces qu’elle fait peser à n’en plus finir sur la sécurité publique. La violence dans les stades. Qui mieux que les sujets de Sa Majesté, et sa police spécialisée, rompue à cette «guerre» de tous les instants, pour en parler. Des spécialistes de terrain venus du pays du hooliganisme pur et dur, hôtes de la Faf et qui viennent offrir leur expertise. L’initiative plus que louable est passée plus qu’inaperçue alors que nos experts ont pourtant séjourné en Algérie du 03 au 06 septembre en cours. Trois journées dont on ne sait malheureusement rien pendant que le président Zetchi se perdait en conjonctures en essayant, sans trop de succès, à rectifier quelques «infos» qu’il dit «infondées» au sujet de sa mission et de son avenir à la tête de la structure en charge de la gestion de notre football, de l’équipe nationale en disant la chose et son contraire et de ce «phénomène» destructeur qui est celui des consultants dont il met, emboîtant le pas à son entraîneur Belmadi qui ne mettra pas de gants pour les «remettre à leur juste place» à l’occasion d’une récente conférence de presse où on le sentait froissé au plus haut point, à son tour, en lumière la capacité de nuisance de «personnalités» vivant ou s’accrochant à un passé loin d’être brillant pourtant.

Attendre et espérer…
Qui, et en plus de ne rien apporter aux débats qui agitent éternellement la scène footballistique nationale, tirent sur tout ce qui bouge et (sans le vouloir ?), entretiennent un climat délétère, les plus radicaux de nos supporters, trouvant, là, matière à se «distinguer» en entretenant le feu dans les tribunes. Une semaine déjà que notre trio d’experts, venus de la «Perfide Albion» où le jeu à onze est «roi» et n’a rien à envier au statut de la «Reine» et ses côtés de légende, a quitté l’Algérie sans qu’on nous dise rien, absolument rien de ce qui s’est dit et comment on compte s’y prendre pour lancer une coopération bilatérale dans un domaine sensible où il s’agit, c’est tellement important, de la priorité des priorités même au vu des graves évènements qui secouent régulièrement des compétitions placées régulièrement sous le sceau du «très haut risque.» Au … risque de nous répéter, il semble que changer le système d’une compétition à l’ombre des énormes problèmes (de gestion notamment et de tarissement des sources de financement de l’écrasante majorité de nos formations en situation de banqueroute) est nettement moins urgent que les outils (c’est là que l’expérience britannique peut se révéler bénéfique) à même de permettre, dans des délais raisonnables, et donc à plus ou moins moyen terme, de «nettoyer» un milieu footballesque local en net pourrissement, les mauvais génies et autres «spécialistes» de la provocation gardant les rênes et tenant toujours en otage une discipline source de nombre de soucis. Sécuritaires en tête. Surtout. Motus et bouche cousue donc et l’impression, plutôt la conviction, que le moment n’est peut-être pas encore venu pour se tourner vers le terrain (disons, clairement, les tribunes) et s’entendre sur le minimum syndical qui est celui de permettre à notre sport «roi» de redorer un blason singulièrement terni. Pas seulement en terme de résultats techniques et d’un professionnalisme tournant à la chimère. Toujours à faire à tout le moins. Ce mardi, une AG est convoquée par la Faf pour s’entendre (on dira «pondre») sur un nouveau système qui, et on imagine comme le veut la tradition chez nous, qu’il passera comme un colis à la poste (par acclamations, on peut parier à l’avance) ne fera pas que des heureux, tout le monde (légitime ?) souhaitant (sans penser aux conséquences) voir son sigle au plus haut sommet de la hiérarchie nationale (une Ligue 1 à professionnaliser, car collectionnant les contradictions, et que personne ne peut en relever les défis en l’absence de moyens et de projets) et devant se faire entendre (pour les déçus, on en conviendra) pour dénoncer, souvent sur des airs de «régionalisme» (n’ayons pas peur des mots) ayant la peau dure, la «hogra». à l’entame de la 5e journée dans les deux paliers supérieurs, on peut craindre une nouvelle levée de boucliers. Une AG en guise d’hymne à la «violence» ? On peut le craindre. à quoi donc la venue de ces spécialistes britanniques antiviolence dans les stades a ou devrait servir? à l’exemple de nombreux dossiers sensibles, la Faf, qui a failli carrément dans la gestion de l’après-CAN, se fera-t-elle le devoir de se rattraper cette fois (même avec du retard) pour éclairer notre lanterne et celle du public algérien ? On peut espérer que oui. Espérons que… l’hydre, à plusieurs têtes, toujours aussi menaçante et renaissant sans cesse de ses cendres, à l’affût de la moindre «inattention» et, fatalement, prête à s’engouffrer dans les failles béantes entretenues par l’inconscience des principaux acteurs en présence dans des décors hideux, pour nous rappeler à nos week-ends houleux et aux souvenirs de débordements violents charriant leurs lots de blessés, de destructions pour tout casser sur son passage, ne soit enfin «contenue.» Jamais, ainsi inutile donc, de laisser la main constamment sur une sonnette d’alarme en passe de se casser. Attention dangers imminents malgré un début d’exercice plutôt, et on s’en félicite, calme et sans incidents majeurs. Attendons pour voir.
Azouaou Aghilas