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ELLE CIBLE UNE EXPERTE DE L’ONU ET MÉNAGE LES RESPONSABLES SIONISTES : Le double standard de Paris

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Un collectif d’universitaires a vivement critiqué, dans une tribune publiée par Le Monde, l’attitude des autorités françaises à l’égard de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés. L es auteurs dénoncent une campagne politique reposant sur des propos sortis de leur contexte, utilisés pour justifier un appel à sa démission. Selon eux, cette position illustre une politique du « deux poids, deux mesures » : alors que la rapporteuse est mise en cause pour avoir appelé au respect du droit international, la France continue parallèlement d’adopter une attitude conciliante envers des responsables sionistes pourtant mis en cause devant la justice internationale. Nommée en 2022 par le Conseil des droits de l’Homme, Francesca Albanese exerce un mandat indépendant, renouvelé en 2025 sans opposition. Comme tous les rapporteurs spéciaux, elle n’est ni salariée ni employée par l’Organisation des Nations unies et bénéficie d’une immunité fonctionnelle garantie par la Charte des Nations unies et la Convention de 1946. La Cour internationale de justice a rappelé à plusieurs reprises que cette protection est essentielle pour préserver l’indépendance des experts face aux pressions étatiques. Les critiques relayées en France trouvent leur origine, selon les universitaires, dans des campagnes menées par l’organisation UN Watch, connue pour s’attaquer aux mécanismes onusiens documentant les violations des droits humains imputées aux autorités sionistes. Ces accusations ont été reprises par plusieurs responsables politiques français, dont le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Cette controverse survient dans un contexte marqué par l’offensive sioniste contre la bande de Ghaza, ayant causé la mort de dizaines de milliers de civils, majoritairement des femmes et des enfants. La Cour internationale de justice a reconnu un risque plausible de violations de la Convention sur le génocide, tandis que la Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt pour crimes internationaux contre certains responsables sionistes. Plusieurs organisations indépendantes, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ainsi que la Commission internationale indépendante d’enquête du Conseil des droits de l’Homme, ont documenté des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et un génocide à Ghaza. Pour le collectif d’universitaires, s’en prendre à une rapporteuse spéciale au lieu de coopérer pleinement avec la justice internationale révèle un profond décalage entre les principes proclamés et les pratiques réelles. Ils soulignent également l’incohérence consistant à contester le mandat de Francesca Albanese tout en autorisant le survol de l’espace aérien français par le Premier ministre sioniste, Benjamin Netanyahou, pourtant visé par un mandat d’arrêt international. À leurs yeux, cette attitude affaiblit les mécanismes onusiens et envoie un signal dangereux : celui qu’un expert international peut être attaqué dès lors que ses conclusions dérangent. Dans un contexte où le droit international est mis à rude épreuve, concluent-ils, la France devrait au contraire défendre l’indépendance des institutions judiciaires et des experts chargés d’en garantir l’application, au lieu d’entretenir une politique du deux poids, deux mesures.
M. Seghilani

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