Massa Bouchafa

Elle a animé un concert à l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïh : Massa Bouchafa galvanise le public algérois

La chanteuse algérienne d’expression kabyle Massa Bouchafa a galvanisé samedi soir à Alger, le nombreux public présent, à travers un répertoire de chansons aux cadences exaltantes, en célébration de «Yennayer 2069».

Le public de l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïh, venus en tenues traditionnelles, célébrer «Yennayer 2069», placé cette année sous le slogan de «racine, diversité et unité», a pu apprécier la grande chanteuse Massa Bouchafa, et s’est imprégné du patrimoine culturel, à travers des danses folkloriques de différentes régions d’Algérie. Soutenue par le groupe «Tilanya»(mélodie libre), un orchestre de cinq musiciens, dirigés par Athmane Belaïd, la chanteuse kabyle, habillée, comme à chaque concert, d’une robe traditionnelle berbère, a dès son entrée, enflammé la salle, entonnant une douzaine de pièces, aux atmosphères festives, dédiées à l’identité amazighe, à l’Algérie, au vivre ensemble, à la joie et à l’amour. Durant plus d’une heure de temps, Massa Bouchafa a entonné les pièces, «Ayuliw», «Inevgawen», «Tameghra», «Da’L’Mouloud», «Evrou nagh qim», «Anefrah», «Taqvaïlith», «Tighri», «Yedjayi», «Inès, inès», «Mathoufidh» et «Siwlass», que le public reprenait en chœurs, dansant au devant de la scène et dans les allées réservées aux déplacements. Les instrumentistes, Brahim Medjeber à la basse, Nadjim Souaïli à la batterie, Rafik Naoui à la percussion, Kamel Saâoui à la Guitare, ainsi que le maestro Athmane Belaïd aux claviers, ont brillé de maîtrise et de technique, faisant montre de toute l’étendue de leurs talents respectifs dans des tours d’improvisation en solo. Interagissant avec le public qui déhanchait, envoyant des salves de «youyous» répétées et battant la mesure avec les mains, la chanteuse de «El dzayer tamurt’thiw, Tamazigh’th tameslay’thiw avghou nagh qim» (l’Algérie est mon pays, le Tamazigh est ma langue, que tu le veuilles ou non), annonçait, avec une voix présente et étoffée, chacune de ses pièces avec un «achwiq» (introduction lente, chantée avec une voix nue). Semant le bien etre et dessinant les sourires sur les visages depuis 1988, Massa Bouchafa, Zaïna Naït Chabane de son vrai nom, compte à son actif dix-sept albums dont, «Mou Khelkhal»(2014), «Yer arguaz» (2015), «Tamurt’thiw» (2016) et «Yedjayi» (2017), projetant de sortir «une compilation regroupant (ses) 30 ans de carrière». L’ancienne enseignante de physique au collège, a vu sa voie toute tracée grâce à son talent d’auteure-interprète et aux encouragements et conseils de son mari et manager M’Hend Bouchafa, qui écrit et compose ses textes, et avec qui elle partira plusieurs fois en tournée, à travers l’Algérie, mais aussi en France, en Europe, en Australie, aux états Unis d’Amérique et au Canada. La deuxième partie a permis au public de prendre part à une randonnée onirique, dans les profondeurs des traditions ancestrales, à travers quatre danses, «Kabyle», «chaouie», «Touareg» et «R’Guibet» de la région de Tindouf, savamment interprétées dans la grâce du mouvement et la beauté du geste, par les huit ballerines et six danseurs du Ballet de l’Opéra d’Alger. Dans les différentes tenues conçues pour chaque tableau par la modéliste-couturière du ballet, Zoubida Setti, les danseurs se relayaient dans des danses en duo, ou d’ensemble traçant de belles symétries et esquissant des figures esthétiques, sous les regards bienveillants de leurs maîtres-répétiteurs, Khadidja Chekrouni et Hamid Agabi. Dans des chorégraphies réglées avec minutie, les danseurs ont rendu, la joie des kabyles lors de la cueillette des olives et dans les fêtes, l’immensité du désert qui inspire la sagesse, le sens de l’honneur et la bravoure des guerriers touaregs et le rôle de la femme dans l’apaisement des esprits et l’hospitalité et la bonté du peuple chaoui. Le public, savourant dans la délectation, chaque moment de cette soirée intitulée par les organisateurs, «Yennayer à l’Opéra», a longtemps applaudi les artistes, regrettant, cependant, de ne pouvoir apprécier le groupe «Zingdah», déprogrammé après avoir décliné sa participation. Auparavant, sur le fond d’un achwiq, rendu avec douceur par la flute de Mohamed Salhi, l’homme de lettre, poète et enseignant, Ahcène Merriche a déclamé à deux moments distincts de la soirée, deux poésies en Tamazigh,»Yennayer» de Islem Bessassi et «Ahesra a Zikenni» (nostalgie du passé)dont il est l’auteur. La soirée «Yennayer à l’Opéra», célébrant le nouvel an amazigh, est organisé par l’Opéra d’Alger, sous l’égide du ministère de la Culture.