ÉGYPTE : Un an après le massacre des manifestants pro-Morsi

Deux personnes ont été tuées jeudi 13 août en Égypte, près du Caire, dans des heurts sporadiques entre la police et des partisans du président déchu Mohamed Morsi. Un an après la répression sanglante de manifestations islamistes dans la capitale, qui avait fait plus de 700 morts en quelques heures, les soutiens de Morsi avaient appelé à manifester pour commémorer le drame. La première victime est un agent de police, tué dans le secteur de Gizeh, une banlieue du Caire, par un homme armé qui circulait à moto. Un peu plus tard, un militant islamiste de 31 ans a succombé à une blessure par balles reçue lors d’affrontements dans le même secteur. La mobilisation était faible en début d’après-midi, mais des heurts ont eu lieu en marge de certains cortèges, au Caire, à Alexandrie et dans la province de Sharquiya, dans le Delta du Nil. Au total, au moins treize personnes ont été blessées et trente membres des Frères musulmans ont été arrêtés à travers le pays, selon des responsables de la sécurité. « TUERIE DE MASSE » Le 14 août 2013, un peu plus d’un mois après que l’ex-chef de l’armée et actuel président, Abdel Fattah Al-Sissi, eut destitué et fait arrêter M. Morsi, les forces de sécurité mettaient fin dans le sang à deux sit-in de ses partisans sur les places de Rabaa al-Adawiya et Nahda au Caire, faisant plus de sept cents morts, selon les chiffres officiels. Lire notre synthèse au moment des faits : Une dispersion qui est devenue un « bain de sang » L’organisation internationale Human Rights Watch (HRW) a accusé mardi le nouveau pouvoir d’avoir perpétré ce jour-là « une tuerie de masse » qui « s’apparente probablement à un crime contre l’humanité », et a réclamé une enquête visant jusqu’à M. Sissi, élu triomphalement président en mai, après avoir éliminé toute opposition. « UN ACTE PLANIFIÉ AU PLUS HAUT NIVEAU » Dans son rapport, HRW, citant plus de deux cents témoins, parle de huit cent dix-sept morts sur la seule place Rabaa, et assure qu’il s’agit d’un « acte de répression planifié au plus haut niveau ». Pour le directeur exécutif de l’ONG, Kenneth Roth : « Sur la place Rabaa, les forces de sécurité égyptiennes ont perpétré l’une des plus grandes tueries de manifestants en une seule journée dans l’histoire récente. »Selon lui, les responsables politiques d’alors, toujours au pouvoir pour la plupart, « devraient faire l’objet d’une enquête ». RAPPORT CRITIQUÉ Le gouvernement égyptien a condamné le rapport, critiquant « son manque d’objectivité » et affirmant que l’organisation non gouvernementale n’avait pas de statut légal pour mener ses activités en Égypte. « Le premier martyr » tombé lors de la dispersion des sit-in était un policier tué par balle a assuré Le Caire dans un communiqué, ajoutant : « Le rapport ignore délibérément les centaines de martyrs parmi la police, l’armée et les civils, tombés lors de violences et d’attaques terroristes. » Le gouvernement accuse les Frères musulmans d’être derrière les attentats visant les forces de sécurité. Mais ces derniers, perpétrés dans leur immense majorité après le drame de Rabaa, ont été revendiqués par des djihadistes assurant être liés à Al-Qaïda, précisément en représailles à la mort de manifestants islamistes. (In Le Monde.fr)

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