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Efficacité de la réforme scolaire engagée par Benghebrit : Les syndicats autonomes réticents

Les résultats des réformes scolaires engagées par la ministre de l’éducation nationale, Nouria Benghebrit, ne pourront pas être visibles dans 9 ans, estiment des syndicalistes. Pour le SATEF, une école algérienne de qualité n’est pas pour demain en raison des différentes voix qui s’élèvent pour empêcher un quelconque changement dans le secteur.

Les syndicats autonomes de l’éducation nationale semblent ne pas être du même avis que la responsable du secteur. En effet, alors que Benghebrit pense que les fruits des réformes qu’elle a engagé pourront être ressentis d’ici 9 ans, les syndicats de leur côté pensent que cette période est appelée à être plus longue. Contacté, hier, le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation, Boualem Amoura, a expliqué son point de vue. Il a, dans ce cadre d’idées, relevé que l’école algérienne tardera « malheureusement » à ressentir les résultats de ces réformes en raison, dit-il, d’une pression exercée sur la ministre et qui la pousse à reculer face à chaque décision prise. Cette pression est exercée selon Amoura par une partie de la société qui refuse un quelconque changement ou progrès dans le secteur de l’éducation nationale. « C’est un obstacle qui nous empêchera d’arriver à une école de qualité », a regretté notre interlocuteur rappelant, à ce titre, les rétractions de la ministre quant à l’application d’un nouvel agenda au Baccalauréat ou encore les changements opérés dans celui des vacances d’hiver. Toujours dans ce même contexte, le représentant du SATEF accuse les responsables de « manquer de courage et de volonté politique » pour aller vers des réformes comme cela s’est fait dans les pays voisins tels que le Maroc et la Tunisie. Lors d’une visite samedi dans la wilaya d’Oum El Bouagui, la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit a assuré, faut-il le rappeler, que le fruit des réformes en cours dans le secteur de l’éducation sera visible dans neuf (9) ans à compter de maintenant. Les résultats de ces réformes apparaîtront lorsque les élèves actuels du primaire arriveront au terme du palier moyen, a indiqué la ministre dans ses réponses aux préoccupations des chefs d’établissements, inspecteurs et partenaires du secteur, rencontrés au siège de cette wilaya. Notant que ces réformes sont engagées sur les deux plans essentiels de la pédagogie et de la gouvernance, Benghebrit avait exprimé sa disposition pour le dialogue, l’écoute et la prise en charge des préoccupations des travailleurs du secteur. Tout en mettant l’accent sur les efforts écolossaux engagés par l’état dans la wilaya à travers de multiples projets pour les divers paliers de l’enseignement, la ministre a regretté les résultats qui y ont été obtenus au terme des épreuves de fin d’année scolaire. Elle a, en outre, souligné que le défi d’améliorer le taux de réussite dans la wilaya qui a régressé au cours des deux dernières années, est lié à l’amélioration du rendement du système scolaire à travers des mesures décidées par la tutelle pour la révision des programmes, du traitement pédagogique, du système d’évaluation et de la consolidation des activités annexes. Pour Benghebrit, certaines difficultés exigent la consolidation des efforts de la tutelle à l’échelle centrale, des autorités locales et des partenaires du secteur de sorte à surmonter toutes les entraves et corriger les dysfonctionnements pour être à la hauteur du soutien de l’Etat et des aspirations de la wilaya.
Ania NCh-Nb