DRIENCOURT SE DEMARQUE DES DIATRIBES DE BAJOLET : «Le rôle d’un ambassadeur n’est pas de jeter de l’huile sur le feu»

L’ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, s’est démarqué, hier, de Bernard Bajolet, ex-chef de la DGSE et également ancien représentant diplomatique de France à Alger, qui a lancé vendredi dernier des diatribes contre les autorités algériennes et le président Bouteflika, sur le quotidien Le Figaro.

Il s’agit de la première réaction officielle de la diplomatie française, appelée ainsi à la rescousse pour amortir un tant soit peu le choc de la violente charge de l’auteur du livre «Le soleil ne se lève plus à l’Est, mémoires d’Orient d’un ambassadeur peu diplomate».
«Bernard Bajolet c’est Bernard Bajolet. Il s’exprime en son nom personnel et à titre privé. Il n’engage en aucun cas le Gouvernement, le Président et l’Administration française. Ça a fait effectivement un certain nombre de réactions. Mais Bernard Bajolet a occupé il y a plus de dix ans les fonctions qui sont les miennes aujourd’hui (Ambassadeur, ndlr)», a tenu comme propos Xavier Driencourt, en marge d’une rencontre à l’Assemblée populaire nationale (APN), consacrée au lancement d’un groupe d’amitié parlementaire algéro-français.
Dans son livre, en effet, et après avoir retracé ses années de carrière en tant qu’ambassadeur à Alger (2006-2008), Bernard Bajolet s’est attenté à la personne du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, auquel il dit vouer malgré tout du respect. En qualifiant ces propos de peu diplomatiques, de surcroît pour un ancien diplomate, Driencourt rappelle à son compatriote les règles de l’art, pour ainsi dire, de par les relations à la fois passionnelles et tendues entre l’Algérie et la France.
«Il sait combien ces fonctions sont importantes, délicates et compliquées et que le rôle d’un ambassadeur de France à Alger ce n’est pas de jeter de l’huile sur le feu, fut-ce de l’huile d’olive. C’est au contraire, de rapprocher et de raccommoder quand il le faut, de faire de la dentelle et d’éviter de se faire piquer avec une épingle», estime le représentant diplomatique de France à Alger.
Farid Guellil