Sidi Said

DÉMONSTRATION DE FORCE DES TRAVAILLEURS ET SYNDICALISTES DEVANT LA MAISON DU PEUPLE : Les jours de Sidi Saïd à la tête de l’UGTA sont comptés

Des travailleurs et des syndicalistes venus des quatre coins du pays, issus des différentes entreprises publiques, ont observé, hier matin, un grand sit-in devant la Centrale syndicale UGTA à Alger, pour réclamer le départ imminent du secrétaire général de celle-ci, Abdelmajid Sidi Saïd. Les travailleurs, en colère de la situation à laquelle a été réduite cette organisation syndicale, veulent récupérer à tout prix, la maison du peuple pour la remettre au service des travailleurs, et surtout pour la mettre sur la voie tracée par « Aïssat Idir » et «Abdelhak Benhamouda».
Des milliers de travailleurs crient toute leur révolte face à la gestion du secrétariat général de l’UGTA, en accusant Sidi Saïd d’avoir failli à sa mission et d’avoir trahi leur cause et abusé de leur confiance. Ils refusent que Sidi Saïd conserve son poste jusqu’au prochain congrès. Sur place, certains syndicalistes nous ont expliqué clairement la situation chaotique que traverse la Centrale syndicale depuis plus de 20 ans.
Med Wali

Réactions … Réactions … Réactions …
Kamel Arib, syndicaliste: «La SNVI  est en danger !»
«Depuis l’arrivée de Abdelmadjid Sidi Saïd à la tête de l’UGTA, la Centrale syndicale est devenue un simple appareil au service du Patronat. On ne veut plus de lui ni de ses collaborateurs ! Vous savez, des gens malhonnêtes ont volé notre entreprise, surtout les derniers directeurs de la SNVI. Il y en a ceux qui sont sortis avec une prime de départ de 10 millions de centimes. Ce n’est pas normal, ils mettent la SNVI en danger. Aussi, ils veulent vendre la SNVI au patronat, en commençant par leur accorder certains marchés. Alors, qu’aujourd’hui, la plupart de nos travailleurs font des activités pénibles à cause de Sidi Saïd, qui est au courant de ce qui se passe au sein de la SNVI depuis très longtemps», argumente notre interlocuteur pour faire valoir l’appel au départ de Sidi Saïd de la tête de l’UGTA. Ce qui est urgent, avant même le congrès. «Nous demandons un congrès extraordinaire le plus tôt possible afin de remettre notre syndicat sur de bons rails. Car, il a été dévié de ses missions essentielles. Ce congrès doit être préparé par des gens neutres qui ont prouvé leur engagement sur le terrain à travers la défense des droits des travailleurs et non ceux des patrons», a-t-il plaidé.

M.D. et A.S., représentantes de l’ENNA : «Le personnel de la navigation civile souffre en silence »
«L’Établissement national de la navigation aérienne souffre d’un sérieux problème de corruption à tous les niveaux, sans exception aucune. Donc, on est venu pour dénoncer ces voleurs qui doivent tous partir . Ils se sont enrichis illégalement sur le dos des travailleurs. À titre d’exemple, le SG de l’entreprise (Établissement national de la navigation aérienne) a été condamné à six mois de prison ferme depuis quatre ans déjà. Mais il est toujours en poste. Les travailleurs sont maltraités et malmenés par des gens corrompus. On en souffre vraiment en silence. Nous sommes venues justement pour dénoncer ces voleurs qui sont complices du SG de l’UGTA».

Hacen K., syndicaliste à Air Algérie : «On doit préserver l’autonomie de l’UGTA»
«Les travailleurs sont venus en force aujourd’hui. Notre action est pacifique avec comme mot d’ordre la remise de l’UGTA aux travailleurs. Ce syndicat, qui a joué un grand rôle durant la guerre de Libération nationale et lors de la décennie noire, ne doit pas être inféodé au système politique. On doit tout faire pour préserver son autonomie et accomplir sa mission essentielle ; à savoir : la défense des intérêts moraux et matériels des travailleurs, comme le stipulent ses statuts. On en a marre de la politique de cooptation et de désignation des représentants des travailleurs d’en haut. On veut que les syndicalistes soient élus par la base.»

R.K. membre du syndicat de l’ETUSA : «On réclame la suppression de l’IRG »
«Sidi Saïd est le premier responsable de la démolition des entreprises algériennes, y compris l’ETUSA. Il a vendu des actions de l’entreprise au patronat. Malheureusement, la Centrale syndicale, depuis des années, est devenue non représentative. On réclame le départ immédiat de Sidi Saïd ainsi que tous ses collaborateurs. Aujourd’hui, les travailleurs de l’ETUSA veulent saisir l’occasion pour réitérer leurs revendications sociales qui sont nombreuses. Mais ce qu’on réclame le plus, c’est la suppression de l’Impôt sur le revenu global (IRG), notamment pour les retraités. »
Propos recueillis par M. W.