David Keene

DAVID KEENE, JOURNALISTE US, SUR L’OCCUPATION MAROCAINE DU SAHARA OCCIDENTAL : «Le stratège de Rabat ne table que sur le statu quo»

L’écrivain et journaliste américain au Washington Times, David Keene, a évoqué la question du Sahara occidental dans un long article intitulé « La dernière colonie en Afrique », dans lequel il a déclaré que le Maroc continue à entretenir le désastre humanitaire qu’il a créé au Sahara occidental.

David Keene, souligne qu’ »au départ, le Maroc a revendiqué des droits juridiques et historiques sur le territoire, mais ces affirmations ont été jugées absurdes par la Cour internationale de Justice dans son avis de 1975, qui a été approuvé par toutes les autres cours ». »Après l’effondrement de l’Union soviétique et l’émergence de l’Algérie en tant qu’allié stratégique des États-Unis dans la région, l’argument a changé: les diplomates marocains ont averti que la survie de la monarchie marocaine était en jeu, car renoncer au Sahara occidental entraînerait inévitablement sa disparition », a expliqué le célèbre journaliste américain.
David Keene a détaillé que la stratégie du régime marocain se résume à « tout faire pour saper toute action contribuant à la solution de la question sahraouie et le stratège de Rabat ne table que sur le statu quo. Pour ce faire, ajoute David Keene, Rabat a dépensé des dizaines de millions de dollars en lobbying pour persuader les décideurs politiques de Washington de ne rien faire pour résoudre le conflit sahraoui. Mais les manœuvres marocaines ont été sapées par la nomination par le président américain Donald Trump de John Bolton, au poste de président du Conseil de sécurité nationale, a ajouté Keene, poursuivant : « Le journaliste français qui se trouvait à Rabat lorsque la nouvelle de la nomination est arrivée au Maroc m’a dit qu’ils (les Marocains, ndlr) considéraient cette nomination comme ‘inquiétante’ et ‘irréaliste’ (…) Ils savent que Bolton insiste depuis des années pour trouver une solution aux Sahraouis, car, souligne Keene, il comprend leur détresse et parce que la confrontation en cours constitue une menace pour la stabilité régionale en Afrique du Nord et, aussi, pour les intérêts américains ». John Bolton a traduit son intérêt sur le terrain pour la cause sahraouie, ajoute l’article, de deux manières : chaque année, les Nations unies devraient voter pour prolonger le mandat de la MINURSO, permettant ainsi de continuer à soutenir les réfugiés sahraouis, mais l’année dernière avec Bolton en position d’influence, les États-Unis ont demandé de réduire le mandat de la MINURSO à six mois au lieu d’un an. La deuxième manière a consisté à sensibiliser les parties (le Maroc et le Front Polisario) sur le fait que les États-Unis veulent aller de l’avant pour permettre une solution de sortie de l’impasse pour organiser le référendum d’autodétermination.

«Le Sahara occidental et le Royaume du Maroc sont des entités distinctes»
Dans son article, David Keene a également évoqué les décisions de la Cour de justice des Communautés européennes, qui confirmaient que le Sahara occidental et le Royaume du Maroc étaient des entités distinctes et que tout accord entre l’UE et le Royaume du Maroc couvrant les eaux territoriales du Sahara occidental sans le consentement des Sahraouis était invalide et illégal. Abordant les manifestations sahraouies lors de la célébration pacifique, le 19 juillet dernier, de la victoire de l’équipe algérienne de football en finale de la CAN face au Sénégal (1-0), dans les territoires occupés du Sahara occidental, l’auteur a indiqué que les forces de répression marocaines ont utilisé une violence excessive pour disperser des manifestants sahraouis non armés, citant des témoins à Amnesty International, qui ont confirmé que « les forces auxiliaires marocaines ont commencé à pourchasser des manifestants avec des véhicules de la police et renversé au moins trois personnes ». Le Maroc est accusé d’avoir créé une atmosphère d’oppression et d’horreur au Sahara occidental, après l’assassinat en marge de la célébration pacifique de la victoire de l’équipe algérienne de football, d’une jeune sahraouie, Sabah Othman Omeida, par les forces de répression marocaines dans la ville de Laâyoune occupée alors que plusieurs autres sahraouis ont été blessés. Sabah Othman, 23 ans, a été victime d’un accident mortel intentionnel provoqué par la police marocaine, qui a foncé sur la foule en pleine vitesse, selon des sources médiatiques sahraouies sur place. David Keene a affirmé que ces violations, si elles se produisaient aux États-Unis ou dans un tout autre pays, seraient le sujet de conversation des médias internationaux, mais le Maroc, affirme le rédacteur en chef du Washington Times, applique systématiquement la politique de black-out dans les territoires occupés du Sahara occidental et empêche les journalistes internationaux et les observateurs d’y entrer.
Mokhtar Bendib