Coronavirus

Coronavirus : L’Europe doit se préparer à un automne «plus dur»

L’Europe doit se préparer à un automne «plus dur» avec une hausse du nombre de morts de Covid-19, a averti un responsable de l’Organisation mondiale de la santé, à l’heure où plusieurs pays imposent de nouvelles mesures ciblées pour contrer une deuxième vague de la pandémie qui a déjà fait plus de 921.000 décès.

A partir de lundi, une stricte limitation des rassemblements entre en vigueur en Angleterre, alors que l’Italie est confrontée au défi de la rentrée et qu’Israël a décidé de se confiner à nouveau à partir de la fin de la semaine. «Cela va devenir plus dur. En octobre, en novembre, on va voir une mortalité plus élevée», a déclaré à l’AFP Hans Kluge, directeur de la branche européenne de l’OMS. Le nombre de cas en Europe remonte nettement depuis plusieurs semaines, notamment en Espagne et en France. Selon les données publiques de l’organisation, plus de 51.000 nouveaux cas ont été rapportés pour la seule journée de vendredi dans les 55 pays de l’OMS Europe. Soit plus que les pics observés en avril, même si les capacités de tests étaient nettement moindres à l’époque, selon les experts. Pour l’heure, le nombre de morts quotidiens reste au niveau observé depuis début juin, autour de 400 à 500 morts liés au Covid-19, selon l’OMS Europe qui réunit lundi et mardi l’ensemble de sa cinquantaine d’Etats membres pour échanger sur la réponse à la pandémie. Le responsable onusien a souligné que la mise au point d’un vaccin, toujours en cours, ne mettra pas fin à la pandémie. «J’entends tout le temps: +le vaccin va être la fin de l’épidémie+. Bien sûr que non!», s’est exclamé M. Kluge. Il a cependant estimé que la situation devrait désormais appeler une réponse ciblée et non plus des confinements généralisés. Comme en Angleterre où il est interdit désormais de se réunir à plus de six personnes issues de foyers différents. Cette restriction, qui ne concerne pas les autres provinces du Royaume-Uni, s’applique à l’intérieur comme à l’extérieur, à l’exception des écoles, lieux de travail, des mariages ou funérailles. Mardi, ce sont toutes les rencontres entre amis ou familles qui seront interdites à Birmingham, la deuxième ville la plus peuplée du Royaume-Uni, selon une décision des autorités locales. Les habitants peuvent toujours se rendre dans les cafés, restaurants ou magasins mais ne peuvent rencontrer d’autres personnes de foyers différents. Plus de 3.500 nouveaux cas du Covid-19 avaient été enregistrés dans le pays vendredi, selon les chiffres du gouvernement, soit le pire bilan quotidien depuis le 17 mai.

Rentrée en Italie
En Autriche, le port du masque, déjà obligatoire dans les supermarchés et les transports, l’est devenu lundi dans tous les magasins et tous les bâtiments publics. Le chancelier Sebastian Kurz a déclaré dimanche que le pays était «au début de la seconde vague» et que le nombre de nouveaux cas devrait bientôt dépasser les mille par jour, appelant la population à respecter strictement les mesures anti-virus et à réduire au maximum les contacts. Même inquiétude en République tchèque, qui est désormais un des trois Etats membres de l’Union européenne où la progression quotidienne du virus est la plus rapide, après la France et l’Italie. En Italie, quelque 5,6 millions d’élèves ont repris le chemin de l’école, après six mois de fermeture des écoles, mais au milieu de strictes mesures: il y aura mise en quarantaine immédiate de ceux qui ont été «en contact étroit» avec tout élève ou enseignant positif au test du Covid-19. Cette rentrée se fait sous le signe des gestes barrières: la distanciation, avec 5.000 nouvelles salles de classe créées et près de 5.000 anciennes agrandies, le lavage des mains, avec 170.000 litres de gel hydroalcoolique par semaine promis par le gouvernement, et port du masque, avec la fourniture quotidienne de quelque 11 millions de masques gratuits aux enseignants et aux élèves. A l’inverse, le gouvernement du Venezuela a décidé que les cours en présentiel ne reprendront pas avant 2021.
Un nouveau confinement, du moins partiel, entre en vigueur lundi à Jakarta, en proie à une forte aggravation de l’épidémie trois mois après la levée des restrictions. La pandémie a fait au moins 921.097 morts dans le monde depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP dimanche. Plus de 28.819.490 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués, dont au moins 19.133.300 sont aujourd’hui considérés comme guéris.