CONFÉRENCE NATIONALE LIBYENNE, DÉBUT 2019, EN LIBYE : L’objectif premier, désamorcer la dynamique pour tenir des élections, en mars

Une conférence de dialogue national entre libyens et en Libye devrait se tenir dès les premières semaines de la nouvelle année, pour aller sur la voie du déclenchement du processus électoral dans ce pays, en prévision des rendez-vous électoraux qui devront se tenir, le printemps prochain. C’est ce qu’a avancé l’émissaire des Nations unies (ONU), pour la Libye, Ghassan Salamé, aux membres du Conseil de sécurité, à qui on leur a remis, un rapport de près de cent pages portant sur «le Processus de la conférence nationale libyenne.» Pour le responsable onusien en charge du dossier libyen, les conditions sont «plus propices » qu’auparavant pour la tenue, en Libye, début 2019, d’une conférence nationale de consensus entre Libyens, un rendez-vous qui ouvrira la voie, au processus électoral, qui devra avoir lieu, dès le printemps prochain. Telles sont les déclarations phares de Ghassan Salamé qu’il a tenues à l’adresse des membres du Conseil de sécurité, via une vidéo-conférence, à partir de la capitale libyenne, Tripoli, jeudi dernier, à moins de trois jours de la tenue de la Conférence internationale sur la Libye, à Palerme, Italie, demain et après-demain, mardi. Un rendez- vous qui verra, selon Rome, la participation de la majorité des acteurs de la scène libyenne, dont le chef du gouvernement libyen d’union nationale, Fayez Serraj et le maréchal Khalifa Hafter, outre des chefs d’État et de gouvernement, pour ne citer, la chancelière allemande, Angela Merkel, selon la même source. Un rapport de pas moins de 92 pages a été remis aux membres du Conseil de sécurité, élaboré à la demande de l’Institution onusienne, par le Centre pour le dialogue humanitaire, une ONG basée à Genève, spécialisée en médiation de conflits. Pour Gassan Salamé, la Conférence de dialogue national entre libyens «devrait pouvoir se tenir en Libye, au cours des premières semaines de 2019» et permettre, a-t-il ajouté aux membres du Conseil de sécurité, d’enclencher «un processus électoral dès le printemps 2019» a-t-il précisé. Pour des observateurs de la scène libyenne, depuis qu’il a succédé, à son prédécesseur, Martin Kobler, au poste d’émissaire de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé a entrepris un travail et des efforts, en évitant de reproduire, les erreurs du passé, notamment celles de rechercher les voies du règlement de la crise libyenne, de l’extérieur, en occident, notamment, il a rencontré l’ensemble des acteurs de la scène libyenne et aussi les différentes composantes de la société libyenne, pour conforter le dialogue inter-libyen. Indiquant au Conseil de sécurité que «80 % des Libyens réclament des élections» il leur souligne que Les Libyens «n’en peuvent plus de ces petites manoeuvres politiciennes, de l’aventurisme militaire et Ils réclament de pouvoir sortir de l’interminable phase de transition, d’instabilité et d’insécurité » dans laquelle le pays et son peuple ont été plongés, depuis 2011, avec le début des évènements en Libye et la chute du régime de l’ancien président libyen, feu Mâamar El- Khadafi. Plus explicite sur les avancées notables enregistrées notamment pour faire taire le bruit des armes, dans ce pays, Ghassan Salamé a fait savoir au Conseil de sécurité, qu’il y a une réelle opportunité, à saisir et consolider, pour faire taire les tensions et les combats dans ce pays. Il citera à titre d’exemple, le cessez-le-feu établi à Tripoli, après les violents affrontements qui se sont déclenchés, fin août dernier et qui se ont poursuivis jusqu’à septembre. «Plusieurs groupes armés se sont retirés des ministères qu’ils occupaient» avant de relever que les succès obtenus dans la capitale où vit 30 % des 6,5 millions de Libyens «peuvent servir de modèle pour les autres villes du pays» estime Ghassan Salamé, lequel a mené des consultations avec les Libyens, de différentes régions du pays et avec toutes les parties composant le paysage politique libyen, dont des réunions qui se sont tenues dans les 77 municipalités que compte la Libye.

Karima Bennour