Conférence internationale sur le droit des peuples à la résistance : le Maroc contraint à se plier à la légalité internationale

Le droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination et à la résistance contre la colonisation marocaine ont été mis en exergue, hier, à Alger, par les participants à la 5eme Conférence internationale d’Alger autour «du droit des peuples à la résistance : le cas du peuple sahraoui». Après plus de cinquante ans de l’adoption par les Nations unies de la Résolution 15-14 ( XV), consacrant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, les présents à la Conférence internationale d’Alger ont appelé la communauté internationale à «l’application de ce droit légitime pour le peuple sahraoui» seule voie à même de mettre fin à «la colonisation marocaine du Sahara occidental». Rappelant à ce propos que la question sahraouie inscrite à l’ONU depuis 1966, est «la dernière question de décolonisation sur le continent africain» ont-ils souligné. La cérémonie d’ouverture des travaux de la conférence, à laquelle prennent part plus de 300 invités venus des différentes régions du monde, de divers horizons et profils, a été marquée par l’allocution de Mohamed Abdelaziz, président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et secrétaire général du Front Polisario. Il a appelé dans son message la communauté internationale à prendre des mesures «sévères» contre le Royaume chérifien, qui persiste par sa politique coloniale au Sahara occidental, outre «à défier ouvertement  l’ONU» et aussi « en minant les efforts» de l’institution onusienne visant à aboutir à une solution juste et durable au conflit du Sahara occidental. «C’est bien le Maroc qui refuse de recevoir l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross» affirme le président de la Rasd. Ajoutant dans ce sens que c’est aussi Rabat qui «refuse» à Kim Bolduc, la nouvelle responsable de la Mission onusienne pour un référendum au Sahara Occidental (Minurso) d’»entamer sa mission». Sur les pratiques de la politique coloniale marocaine au Sahara occidental, le président sahraoui, les qualifie «de crimes contre l’humanité». Le Maroc est «responsable de ces crimes» affirme-t-il, précisant dans ce sens « pour avoir érigé un mur de séparation équipé de millions de mines interdites d’usage à l’échelle internationale» a-t-il indiqué. Le président sahraoui a averti, hier, la communauté internationale sur «la multiplication des exactions et autres violations des droits de l’Homme, par le colonisateur marocain, à l’encontre des populations sahraouies» dans les territoires du Sahara occidental encore sous occupation marocaine. Notre interlocuteur a accusé le Maroc de procéder à «l’interdiction d’entrée dans les territoires sahraouis occupés des observateurs internationaux et indépendants» et de préciser «au moment ou il ( le Maroc) multiplie ses exactions et autres violations des droits de l’Homme des sahraouis des territoires occupés». Le colonisateur marocain « s’en prend aux organisations non gouvernementales (Ong) qui répercute la réalité et la nature des violations commises par les forces coloniales» outre l’oppression et la répression des sahraouis par le Maroc, les arrestations arbitraires, les procès irréguliers et aussi «la spoliation des richesses naturelles du Sahara occidental» a-t-il précisé.
Sur le droit des sahraouis à la résistance et à l’autodétermination, le président Sahraoui affirme qu’il s’agit d’un droit «incontournable et indiscutable». Et d’avertir l’occupant marocain en déclarant que «l’acharnement du Maroc à refuser ce droit au peuple sahraoui, en pratiquant la répression» indique-t-il « ne fait qu’accentuer la détermination du peuple sahraoui à poursuivre son combat» affirme le secrétaire général du Front Polisario et président de la Rasd. Sur les tentatives et les manœuvres du Maroc pour «imposer le fait colonial, elles  se sont avérées vaines» affirme le président sahraoui, et «ont été accueillies par un refus catégorique de la part des Sahraouis et par un consensus national sur la nécessaire indépendance». Réitérant à l’adresse de la communauté internationale, «la nécessité» d’élargir les prérogatives de la Minurso à la surveillance du respect des droits de l’Homme, à l’exemple des autres missions de l’ONU, à travers le monde. Co-organisée par le Comité national algérien de solidarité avec le peuple Sahraoui ( CNASPS) et l’ambassade de la RASD à Alger, cette conférence achève ses travaux aujourd’hui, par l’adoption de la Déclaration finale d’Alger, au terme des séances de travail et des débats en plénière des participants. Parmi les thèmes retenus pour cette 5eme édition de la Conférence, on citera «le droit des peuples à la résistance», «Droit à l’autodétermination et actualités dans le dossier du Sahara occidental» les violations des droits de l’Homme par le Maroc dans les territoires occupés du Sahara occidental» et «spoliation par le Maroc des ressources naturelles du Sahara occidental» et «l’Union africaine et le conflit du Sahara occidental».
Karima Bennour

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