PH. ETUDIANTS

COMMUNAUTÉ UNIVERSITAIRE : Vers un autre mardi plus mobilisateur

Alors que beaucoup d’universités observent une grève générale depuis plus de trois semaines, les étudiants se préparent à organiser leur 10éme mardi de mobilisation dans le cadre du mouvement populaire pacifique revendiquant un changement radical du système. Entamé le mardi 26 février, le mouvement des étudiants entame, en effet, sa dixième semaine. Bien que l’idée du gel de la grève diverge d’une université à une autre, la poursuite de la marche chaque mardi est, quant à elle, une question tranchée à l’unanimité. Demain, les étudiants prévoient, donc, d’investir encore une fois les rues du Centre de la capitale et des autres grandes villes du pays, pour réitérer, encore une fois, leur soutien à la mobilisation populaire pacifique dont le coup d’envoi a été donné le 22 février dernier. Contacté, hier, pour plus de détails, un étudiant de l’université de Dely Brahim à Alger a fait savoir que les préparatifs pour la prochaine marche battent leur plein. Pour une bonne organisation, une rencontre est programmée aujourd’hui entres les étudiants, a-t-il indiqué, pour discuter des nouveaux slogans qui seront brandis compte tenu de l’évolution de la situation dans le pays. Notre source a, d’autre part, révélé qu’un sondage a été organisé la semaine dernière à travers lequel la majorité des étudiants de cette université ont choisi de poursuivre les cours normalement les jours de semaine en maintenant la grève et la marche pour le mardi seulement, contrairement, à titre d’exemple, « aux étudiants de l’USTHB soutenus par les enseignants qui ont choisi de poursuivre la grève et de fermer carrément les amphithéâtres avec des cadenas », at- il révélé. Cet étudiant à l’université de Dely Brahim a regretté le fait que les enseignants sont de moins en moins mobilisés avec les étudiants. « Il y a une dizaine seulement qui sont avec nous, le reste ont préféré battre en retraite », dira-t-il à ce propos. Par ailleurs, le président du Conseil national des enseignants du supérieur (CNES), Abdelhafidh Milat a salué la décision prise par certaines universités de geler la grève et de reprendre les cours. Selon lui, le débrayage est une mauvaise décision qui nuit à l’université et qui porte atteinte à l’avenir des étudiants. « L’université doit continuer à fonctionner dans tous les cas », a-t-il estimé; assurant de la disponibilité et de la mobilisation des enseignants à rattraper les cours perdus. Tout en réitérant le soutien du CNES au mouvement populaire pacifique et à la mobilisation des étudiants, Abdelhafidh Milat considère que la marche des étudiants organisée chaque mardi, doit se poursuivre à travers tout le territoire national.

Ania Nait Chalal