Cinq jours après avoir gelé leur grève : Les médecins résidents espèrent une invitation au dialogue

Les médecins résidents qui ont décidé, de reprendre le travail dimanche dernier, continuent d’attendre une invitation au dialogue de la part des deux ministères de tutelle (la Santé et la Recherche scientifique). Alors que le flou entoure la manière avec laquelle les deux ministères vont procéder pour rattraper le retard dans l’application du programme pédagogique. « Le ministre de la Santé a, à deux reprises, réitéré son engagement au dialogue, nous attendons toujours une invitation de sa part», a déclaré le Dr Yasemine Mechri, chargée de la communication au niveau du bureau régional du Camra d’Oran.
Tout en s’interrogeant sur les raisons de ce « retard » à relancer le dialogue, la représentante du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) affirme que « le ministère ne semble pas craindre un éventuel boycott du DEMS », ce qui reste, pour elle « faisable » malgré la reprise du travail. « Dans la mesure où il n’y aura aucune réponse, il va falloir s’attendre à une autre réaction », a-t-elle précisé, en indiquant que le Camra ne va pas dévoiler ses cartes maintenant. Également, notre interlocutrice a tenu à souligner « le désarroi de certains médecins résidents qui ne comprennent pas très bien cette trêve et ce changement de stratégie de la part du Camra ». Ces derniers, fait-elle savoir, ont appelé à organiser une action nationale dès le mois de juillet prochain. Néanmoins, elle a précisé que le bureau national du Collectif n’a pas «réussi à déterminer les personnes derrière cet appel ». Pour ce qui est des conditions dans lesquelles s’est déroulée la reprise de l’activité, le Dr Mechri a fait savoir que « dans certains services, les résidents n’ont pas été acceptés ».
Ainsi, le Dr Mechri a précisé que les directeurs des services ont posé des conditions draconiennes pour permettre le retour des médecins, chose que ces derniers ont refusé. Pour ce qui est du retour à la rue, notre interlocutrice a exclu cette possibilité en précisant que les résidents se contenteront d’organiser des sit-in régionaux en soutien au Demsistes. « Vous pouvez imaginer dans quelles conditions psychologiques les Demsistes vont passer cet examen », a-t-elle précisé, en indiquant que le fait qu’il n’y a qu’une seule session met plus de pression sur les candidats. Dans tout les cas de figure, le Dr Mechri a tenu à préciser que la question de la validation de l’année universitaire 2017-2018 des résidents, qui ont observé une grève de près de huit mois, n’est pas encore tranchée. Une chose est sûre, l’examen national du DEMS (session de rattrapage) est programmé du 1er au 19 juillet prochain. L’examen national de 1re année est arrêté pour la session ordinaire du 15 au 26 septembre prochain. La session de rattrapage est prévue, quant à elle, du 14 au 25 octobre prochain.
Notons que le concours national de résident de médecine est prévu les 27 et 28 octobre prochain. Quant à celui de pharmacie et de chirurgie dentaire, il est programmé pour les 30 et 31 octobre 2018. Notons que le collectif autonome des médecins résidents algériens tente, tant bien que mal, à garder la face en évoquant un gel de la grève et non son arrêt. Néanmoins, il est évident que cette grève, qui a duré près de huit mois, est arrivée à son terme. Ainsi, la relance du dialogue pourra régler les problèmes socioprofessionnels des futurs praticiens spécialistes, pour éviter qu’un autre pourrissement dans le secteur de la Santé se reproduise.
Lamia Boufassa