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Chlef : le jeûne et la colère durant ce mois sacré

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Comme chaque année, la place publique devient, pendant le mois de Ramadhan, le théâtre d’agressions et de bagarres qui deviennent monnaie courante. Le ventre vide ; les longues journées et les nuits très courtes, conjuguées au sevrage de nicotine et de caféine, participent au façonnement de comportements dangereux à la faveur de ce mois de jeûne.

Presque tous les lieux publics se transforment quasiment en ring ou en une espèce d’agora où des obscénités fusent au grand dam des oreilles délicates. Le pic de ces comportements va crescendo au fur et à mesure de l’approche de l’appel à la prière du muezzin pour el-iftar. Il faut dire que la violence est malheureusement ancrée dans les mœurs de nos concitoyens. Il suffit parfois d’un simple regard pour déclencher une bagarre. Sans limite et comme dans la jungle, certains jeûneurs se permettent tout. Pour exprimer leur fierté beaucoup usent de la violence verbale et même physique au lieu de simples mots d’excuses ». En effet, il ne se passe pas un jour sans que les passants n’interviennent pour séparer des antagonistes qui s’échangent insultes, obscénités avant d’en arriver à des empoignades violentes. Lundi au marché Hay Bensouna de la ville de Chlef, il était 17h30 quand un boucher fou furieux un couteau à la main profère des insultes et des menaces à l’encontre d’un citoyen. Très vite les présents s’interposent entre les deux belligérants, évitant ainsi un drame. Renseignements pris, il semblerait que le boucher n’a pas apprécié les remarques faites par le client au sujet de la viande proposée à la vente. Autre scène de violence : cette fois-ci pour un stationnement au centre ville de Chlef. Deux chauffards se disputent la place et aucun ne veut céder créant par conséquent un embouteillage monstre. Des mots obscènes fussent de part et d’autre. Il aura fallu l’intervention de la police pour rétablir le calme et l’ordre. Étrangement, et juste après le f’tour, le calme revient et après les quelques bouchées salvatrices, l’on assiste à un tout autre tableau. Dans les villes, villages et quartiers, chacun déguste son café et sa cigarette dans son petit coin. Cette ambiance bon enfant se poursuit jusqu’après les tarawih, alors que les familles investissent les rues, sans l’ombre d’une seule bagarre. C’est dire le caractère belliqueux, violent de certains de nos concitoyens qui n’ont rien compris à la religion, à ce pilier incontournable de l’Islam qu’est le jeûne. Le ventre vide, ces derniers perdent facilement la tête. Quelquesfois ces énergumènes n’hésitent pas à injurier leur Créateur, Celui qui leur a imposé justement ce mois de carême. Faut-il souligner que le Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui, avait prescrit aux musulmans qui jeûnent entre autres l’interdiction de tenir un langage obscène en disant : « Pendant le Jeûne, vous ne devez pas vous laisser aller à des discours obscènes ou à des violences de langage. Si quelqu’un vous insulte ou vous cherche querelle, répondez-lui : « je jeûne, aujourd’hui ».Insulter Allah ou insulter la foi est un reniement de la foi, un abandon de l’islam. L’auteur de tels actes doit se repentir sincèrement devant Allah Très haut, faire preuve de regret de ce qu’il fait et se résoudre à ne plus récidiver. S’il se repend, Allah lui pardonnera. A ce propos le Très haut dit: Dis : «Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux» (Coran,39:53).
Bencherki Otsmane

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