Chlef : La criminalité se propage

Il faut dire que l’insécurité, particulièrement au niveau des grands centres urbains de la wilaya de Chlef, croit de manière inquiétante. Les bilans fournis périodiquement par les responsables des cellules de communication des services de sécurité (police et Gendarmerie nationale) montrent que le phénomène tend à se propager telle une trainée de poudre. Les dernières statistiques sont là pour donner une idée sur les dégâts engendrés par les délits de toutes sortes. Crimes, agressions physiques, saisies de boissons alcoolisées, vols et autres affaires liées au banditisme. Même les petits villages ne sont pas épargnés par les vols et les agressions de tout genre.
Fini, l’époque où les jeunes se dérobaient à la vue de leurs aînés pour fumer une cigarette. Bien entendu ce sentiment d’insécurité va en crescendo de la petite cité ou plus ou moins les gens se connaissent au chef-lieu de wilaya ou chaque jour des centaines de personnes, provenant des localités avoisinantes convergent vers Chlef pour différentes raisons. Une aubaine pour les pickpockets qui jettent leur dévolu surtout envers la gente féminine. Des sacs à main fouillés, des téléphones portables « subtilisés », rien n’échappe à ces énergumènes qui ne reculent devant rien. D’ailleurs de plus en plus de victimes ne daignent plus porter plainte du fait qu’ils sont convaincus que cela n’aboutira à rien et surtout ne leur permet pas de récupérer leur bien. Cependant malgré la « poignée de fer gantée de soie » de la police qui mène quotidiennement une lutte sans merci contre le banditisme et la traque des délinquants et en dépit, faut-il le dire, des avancées enregistrées dans le cadre de la criminalité afin de maintenir un cadre de vie paisible au citoyen, lui assurer la sécurité et protéger ses biens pour mettre un terme à toute activité de banditisme, le sentiment d’insécurité gagne du terrain. Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas regarder une réalité devenue récurrente du fait de son amplification et de ses nombreux effets sur la quiétude générale de la vie des citoyens. Aujourd’hui, les jeunes affichent avec arrogance leur mépris envers leurs ainés ». Il n’est pas rare de rencontrer des jeunes complètement ivres, ou bourrés aux stupéfiants, et de psychotropes déambulant les quartiers et insultant sans raison quiconque qui passe à côté d’eux. Les registres des commissariats sont là pour renseigner un peu mieux sur la fréquence et la nature des plaintes émanant des citoyens. Il faut dire que les commerçants et même ceux qui ont pignon sur rue dans les artères du centre-ville de Chlef ne cachent plus leur inquiétude. C’est dur l’audace des petits « Al-Caponistes » qui agissent sous l’emprise de drogues dures qui donnent du courage, comme le murmurent les jeunes du milieu.
Quant à l’arsenal de ces jeunes il est varié : cela va du simple canif aiguisé comme une lame de rasoir en passant par le couteau du boucher quand ce n’est pas carrément la hachette que l’on dissimule à peine sous son blouson ou un sabre de samouraï. Boostés aux gouttes, ils font de plus en plus peur et personne n’ose leur tenir tête. Au niveau du centre ville de Chlef à part les éléments de BMPJ (Brigade Mobile de la Police Judicaire) qui sont plus ou moins craints ; les autres policiers activant au niveau des quartiers n’osent plus intervenir en cas d’agression de peur de voir les évènements évoluer au point que ces derniers risquent leur poste de travail. À ce sujet, un retraité rencontré au niveau de la poste de Chlef ; excédé par le vol de sa maigre pension nous dira « il faut que les responsables de ce pays sachent que nous sommes constamment confrontés à cette petite délinquance qui infeste notre quotidien et de réclamer une police professionnelle qui n’a pas peur de jeunes délinquants et de citer l’exemple d’une vielle femme qui s’est fait dérober son argent sous le regard d’agents de police ».
Toutefois selon de nombreux citoyens interrogés sur la question admettent que « la direction de ce corps constitué à travers ses directives quant au respect des droits de l’Homme a donné un faux signal à ses éléments qui hésitent à intervenir de peur de se voir révoquer pour faute professionnelle en cas de tournure imprévisible des évènements ».
De nos jours il est aisé de voir des jeunes délinquants tenir des propos injurieux voire des menaces à l’encontre des agents de l’ordre public, sachant qu’ils ne risquent pas grand-chose tout au plus un séjour dans une prison ou le gite et le couvet sont assurés. On aurait souhaité que la célèbre citation de Redha Malek lorsqu’il a dit à propos du terrorisme « il est temps que la peur change de camp » soit appliquée à l’encontre de ces délinquants.
Il est temps pour nos élus et de nos responsables également de revoir les textes en matière de traitement de la délinquance, car apparemment les peines prononcés à l’encontre de ces délinquants semblent ne pas les dissuader à recommencer, la preuve la plupart des personnes impliquées dans des affaires de vols, d’agressions etc… sont des… récidivistes.