N’ayant pas connu un seuil aussi bas de son prix, depuis plus d’un an, le cours des deux références de l’or noir poursuit sa baisse, à moins de deux semaines de la rencontre des membres de l’OPEP et de ses partenaires, signataires de l’accord de réduction du niveau de production de baril de pétrole, dont principalement la Fédération de Russie.
Depuis son dernier pic enregistré, 3 octobre dernier, atteignant les 86 dollars, le cours du pétrole a perdu, depuis début octobre, à vendredi dernier, le tiers de sa valeur, soit 32%. Chutant en dessous de la barre des 60 dollars vendredi dernier, en fin d’après- midi, soit deux jours après le message de remerciement du locataire de la Maison Blanche, Donald Trump adressé, deux jours auparavant, à son allié, Ryad, via son son compte Twitter, dans lequel Trump a écrit «merci à l’Arabie saoudite» et d’ajouter «mais allons encore plus bas!», la référence européenne du brut, le Brent, a chuté pour atteindre les 59,48 dollars, maintenant ainsi la tendance baissière de son cours. Des observateurs et experts ont continué, jusqu’à hier, à avancer que la baisse du cours du baril de l’or noir, se poursuivra, même, selon un analyste chez FXTM. «si les pays exportateurs de l’OPEP pourraient réduire leur production lors de leur prochaine réunion, prévue début décembre» et de préciser que «le WTI (light sweet crude, américain :Ndlr) pourrait très bien chuter à 50 dollars à court terme» a-t-il prévenu. Enregistrant son plus bas niveau, depuis début octobre dernier, le seuil du prix du Brent, atteignant moins de 60 dollars et 51 $ pour le WIT, pour livraison en janvier, a été enregistré, au lendemain de l’annonce des derniers chiffres officiels des états-Unis, indiquant, mercredi dernier, que les stocks américains ont connu une augmentation plus importante que prévu la semaine dernière.
Alors que les investisseurs demeurent hésitants, face à l’abondance de l’offre de brut sur le marché et que les perspectives sur la demande montrent un recul, en raison notamment du marché économique mondial qui peine à reprendre, les craintes des retombées des tensions commerciales internationales ne sont pas en reste. Par ailleurs, la déclaration du ministre saoudien de l’Énergie, Khalid al-Falih, indiquant que son pays n’entendait pas approvisionner le marché du pétrole, mais «satisferait la demande existante, il a fait savoir que, l’exploitation pétrolière du Royaume saoudien «dépassait dorénavant les 10,7 millions de barils par jour.» Des analystes ont estimé, que les propos du responsable saoudien, tenus à moins de deux semaines de la rencontre de l’OPEP et ses partenaires, les 6 et 7 décembre prochains, laissent penser que la réunion pourrait «entériner l’abandon de la dernière hausse de production de l’or noir, décidée par l’OPEP, en prévision des sanctions américaines contre l’Iran. Le gouverneur des Emirats auprès de l’Opep, Ahmed al Kaabi, a déclaré mardi dernier, qu’un «accord de principe» était intervenu au sein du cartel pour aller sur une réduction de la production de l’or noir, lors de la prochaine réunion ministérielle de l’OPEP et ses partenaires, à Vienne. Dans une étude publiée jeudi dernier, consacrée au pétrole, la banque américaine a évalué «à deux chances sur trois la probabilité» que l’Opep décidera «de la réduction» lors de son conclave, à Vienne.
Karima Bennour