BAHBOUH

BAHBOUH SUR LE PROJET DE CONSTITUTION : « Je suis contre la désignation d’un vice-président ! »

L’Union des forces démocratiques et sociales (UFDS) dirigée par Noureddine Bahboub, a suggéré un certain nombre de propositions pour l’enrichissement du projet de la nouvelle Constitution.
En effet, lors de son passage sur les ondes de la Radio algérienne chaîne 3, Noureddine Bahbouh a plaidé pour un « débat inclusif » afin de sortir avec une Constitution « consensuelle ». Et pour cause, « la rédaction d’une Constitution devant s’inscrire dans une démarche consensuelle » dit-t-il, tout en remettant en cause le travail du comité qui n’a pas consulté la classe politique en se limitant sur le plan technique. « La première mouture de ce document fondamental doit être analysée par tous les partenaires politiques », sur la base des avis des uns et des autres et d’un débat consensuel devant déboucher sur un projet de Constitution ». S’opposant à la démarche initiée par le président Tebboune, l’ex-ministre de l’Agriculture (1994 -1997) explique : «On avait donné un projet de document qui a été présenté et défendu par des experts et quelques politiciens sans qu’il y ait un accord avec la classe politique», « c’est une démarche inappropriée » juge-t-il, avant d’affirmer que l’échec est inacceptable aujourd’hui.
Par ailleurs, Bahbouh a estimé que le timing n’ « est pas bon » pour passer cette mouture de Constitution, vu la crise multidimensionnelle que vit le pays (politique, sanitaire, sociale et économique). « Il faut que ce projet se déroule dans un climat serein, apaisé et calme », réclame-t-il, avant de lancer sa suggestion de revoir les amendements proposés. Il propose donc l’organisation d’une Conférence nationale réunissant tous les partenaires politiques. Concernant les propositions émises par son parti au comité dirigé par Ahmed Laraba, le président de l’UFDS a défendu la clarification des différents pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, dans le cadre d’un système politique semi-présidentiel. Bahbouh s’est déclaré fondamentalement contre la désignation d’un vice-président et abonde, par ailleurs, dans le sens de la dissolution de l’actuelle Assemblée dépourvue, selon lui, de toute légitimité. « Il faut aussi dissoudre le Sénat, c’est une institution qui ne sert pas à grand-chose, je ne vois pas la nécessité de sa création », dit-t-il.
En outre, l’invité de la rédaction a expliqué que le système « semi-présidentiel » est clair, chaque pouvoir (législatif, exécutif, judiciaire) doit jouir de ses pleines prérogatives. Dans ce sillage, Bahbouh a mentionné le partage, sans interférences, des prérogatives des différents pouvoirs, dont celui de l’APN, du Chef du gouvernement « qui n’est responsable que devant celle-ci », du chef de l’État, dont il considère qu’il faut restreindre les pouvoirs et qui, juge-t-il, ne devrait jouer qu’un rôle d’arbitre.
Sarah Oubraham