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Azzedine Ouessedik, directeur général de l’Agence spatiale algérienne (ASAL) au «Courrier d’Algérie» : «Nous mettons en orbite Alcomsat 2 avec des compétences 100% algériennes»

Dans cet entretien, Azzedine Ouessedik, directeur général de l’Agence spatiale algérienne (ASAL), revient, dans le détail sur le programme spatial national et dresse l’état des lieux sur les principales réalisations de l’Algérie depuis 2002 dans le domaine des technologies et des applications spatiales qui sont au service du développement durable.

Une occasion aussi pour lui d’évoquer l’importance du lancement du Satellite Alcomsat 1, actuellement en orbite avec succès, et dont l’exploitation a, d’ores et déjà, commencé. Il souligne que «ce projet voulu par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, constitue une infrastructure technologique avancée qui vise à renforcer la souveraineté nationale en matière de télécommunications, et qui permettra le développement d’applications à haute valeur ajoutée dans différents domaines». Au fait, puisque le satellite «Alcomsat 1» est doté d’une durée de vie de 15 ans, Ouseddik a, sur un autre volet, levé le voile sur le futur projet de l’ASAL, qu’est le lancement du second satellite algérien «Alcomsat 2». L’entretien a été réalisé en marge des journées «portes ouvertes sur le programme spatial national» et organisées par l’ASAL à la Bibliothèque nationale d’El Hamma, à Alger.

Pouvez-vous nous éclairer sur l’objectif assigné à cet évènement ?
Incluant la communauté scientifique et les professionnels, cette manifestation, première du genre, est destinée au large public. Ces journées «portes ouvertes» sont dédiées donc à expliquer, aux citoyens, les principaux volets technologiques, applicatifs et humains réalisés par l’ASAL et ses entités opérationnelles dans le cadre du Programme spatial national 2006/2020.

Quelles sont les principales réussites et les progrès réalisés dans le cadre de ce programme?
Pour réaliser le Programme spatial algérien 2006/ 2020, nous avons assez tôt débuté les préparatifs. Plus exactement en 2002. Le gouvernement nous a accordé une mission, celle de former tous les acteurs intervenant dans la réalisation de ce programme. À cet effet, nous nous sommes penchés particulièrement sur l’investissement dans le facteur humain. Le nombre des personnes formées est passé de 100 ingénieurs et techniciens en 2002 à près de 600 aujourd’hui.
En 2002 nous avons lancé le satellite orbitaire Alsat 1. De nos jours nous avons enregistré le lancement avec succès de 4 autres satellites dont le dernier est Alcomsat-1. En 2002, nous étions à une seule station qu’est celle d’Arzew. Actuellement nous avons mis plusieurs nouvelles infrastructures de base dédiées au contrôle, à savoir le centre de développement des satellites à la wilaya d’Oran, le centre d’exploitation de Boughezoul dans la wilaya de Médéa, un centre à Alger ainsi que le centre de l’Agence spatiale algérienne.

Alcomsat 1 est l’un des fruits de 15 années de travail non stop de l’ASAL. Pourriez-vous nous faire un bilan sur ce projet, puisque nous en sommes à 1 an après son lancement ?
Alcomsat 1 est une fierté pour l’Algérie et les Algériens. C’est un projet voulu par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Il constitue une infrastructure technologique avancée qui vise à renforcer la souveraineté nationale en matière de télécommunications. Après son lancement, le 11 décembre 2017, nous avons procédé à sa mise en orbite puis à l’entame des tests nécessaires avant son exploitation, qui ont été concluants, en juin 2018.
Donc toutes les capacités dont dispose Alcomsat 1 sont prêtes à être exploitées.

Quelle est la prochaine mission de l’ASAL ?
Maintenant, une autre tâche nous attend. C’est la mission technico-commerciale, car, il faut avoir des clients, au sens commercial et partenarial. Maintenant, nous travaillons en étroite collaboration avec l’Entreprise publique de Télédiffusion d’Algérie (TDA), et Algérie Télécom Satellite (ATS).
La première se charge des télécommunications, (TDA). Chaque citoyen peut orienter sa parabole à 24,8 degrés afin de capter et voir toutes les chaînes publiques, les 57 Radios nationales et le fil d’actualité de l’Agence presse nationale.
La deuxième donc, ATS, s’est chargée de l’exploitation des offres de connectivités et des télécommunications. Elle est en train de faire migrer tout ce qui est utilisé dans ce sens via le satellite étranger vers Alcoomsat 1, et cela en fonctions des fins de contrats. En gros, je précise que le tiers des capacités du satellite est exploité.
Je souligne dans ce sens que les portes sont ouvertes pour les chaines privées algériennes désirant diffuser leurs programmes depuis satellite Alcomsat-1.

Il y a quelques semaines, Algérie Télécom Satellite (ATS) a testé l’interconnexion via le satellite Alcomsat-1 de l’école publique Othmane Ibn Affane et de l’établissement hospitalier public de la wilaya d’Adrar, dans le Sud du pays, à d’autres établissements similaires situés dans le Nord. Quelle serait la prochaine étape ?
Nous allons bientôt pouvoir lancer le projet national d’e-éducation qui prévoit une interconnexion de tous les établissements d’éducation publique avec l’administration centrale, les élèves et leurs parents. Il en sera de même pour le projet e-santé qui se traduira par l’interconnexion de toutes les formations hospitalières du pays. Nous allons, d’ici la fin de l’année prochaine, généraliser ce projet au fur et à mesure de l’achèvement des procédures de déploiement sur le terrain.

Le satellite Alcomsat-1, est doté d’une durée de vie de 15 ans. Qu’est ce qu’a prévu l’ASAL?
Bien sûr que nous n’allons pas attendre les 15 années pour penser à fabriquer un autre satellite. L’impossible n’est pas Algérien. Nous allons faire un point de situation à l’effet de savoir si les besoins nationaux sont couverts, avant de prévoir un satellite d’appoint.
Après cela, nous allons dans les années à venir, lancer le deuxième satellite Algérien Alcomsat 2. Le rêve est réalisable, est nous pouvons le faire. Je précise que nous maîtrisons les premiers paliers qui ouvriront la voie pour de plus grandes ambitions afin de maîtriser nos futurs programmes spatiaux.
Mohamed Amrouni