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AUGMENTATION DES SALAIRES DES ENSEIGNEMENTS ET PARAMÉDICAUX : Le geste de « reconnaissance » du Président salué

L’annonce faite samedi par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de procéder à partir de janvier 2023 à l’augmentation des salaires notamment ceux des enseignants et du personnel paramédical a été saluée par les représentants de ces deux corporations qui ont, cependant, appelé à l’accélération de ce processus au risque d’une explosion du front social qui n’arrive plus à faire face à l’érosion de son pouvoir d’achat.
Si pour le secrétaire général du SATEF, Boualem Amoura, le geste du Président est une reconnaissance des difficultés financières auxquelles font face les travailleurs de la Fonction publique en raison de la cherté de la vie, il souligne toutefois qu’il ne faut pas attendre longtemps pour que les augmentations de salaire entrent effectivement en vigueur. Contacté hier, Amoura estime que les fonctionnaires ne peuvent pas attendre jusqu’à janvier et si il y a augmentation, celle-ci doit se faire « tout de suite ». De plus, il a appelé à lever l’ambigüité autour de ces augmentations de sort à fixer leur niveau et de définir la manière avec laquelle elles vont se faire.
Selon Amoura, si c’est des augmentations de 1% ou 2%, cela ne changera rien à la situation des travailleurs. Pour les fonctionnaires du secteur de l’Éducation, notre interlocuteur revendique des augmentations de salaires à 100%. C’est la seule façon, a-t-il expliqué, d’éviter un effet boule de neige dans les autres secteurs.
En ce qui concerne, d’autre part, l’opération de révision des statuts particuliers, Amoura a rappelé que ce n’est pas la première fois que le Président appelle à procéder à cette démarche. Tebboune avait, en effet, insisté en début de l’année à entamer ce dossier, mais plusieurs mois après, regrette le syndicaliste, celui-ci n’a toujours pas avancé. « Le travail de la commission installée à cet effet n’est pas sérieux et n’est pas officiel », a-t-il dit à cet effet soulignant à ce titre que la révision du statut ne va pas régler le problème de l’érosion pouvoir d’achat. Selon Amoura, seuls une révision de la grille des salaires, et l’augmentation de façon conséquente de la valeur du point indiciaire, pourront rendre au travailleur sa dignité.

« En finir avec les pratiques archaïques dans la santé» 
De son côté, le président du Syndicat national des paramédicaux, Lounes Ghachi, a estimé que l’augmentation de salaire décidée au profit des paramédicaux est une reconnaissance et un encouragement pour la corporation. Idem, pour l’appel du Président à la révision du statut particulier des paramédicaux. « C’est important pour nous », dira le syndicaliste qui a cependant saisi l’opportunité pour dénoncer les pratiques de certains directeurs d’établissements hospitaliers qui entravent l’activité syndicale, au moment ou les hautes autorités insistent sur l’importance du dialogue avec les partenaires sociaux.
« Nous demandons à ce que ces gens soient sanctionnés et remplacés par des responsables compétents», a-t-il revendiqué. Pour rappel, le président de la République a annoncé samedi une revue à la hausse à compter de 2023 des salaires, de l’allocation chômage et des pensions de retraite. Présidant l’ouverture de la rencontre Gouvernement-walis, le président Tebboune a enjoint au gouvernement de s’atteler dès aujourd’hui à la révision des salaires des enseignants et du personnel paramédical, et d’entrer en contact avec leurs représentants pour réviser leurs statuts.
Ania Nch