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Assurances : appel à une réforme urgente et radicale

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Le président-directeur général d’Alliance Assurances, Hassan Khelifati, a été reçu hier par la Commission des finances et du budget à l’APN. L’heure a été donnée pour mettre le point sur l’évolution enregistrée, ces dernières années, dans ce secteur qualifié de «potentiel». Toutefois, Khelifati n’a pas manqué de mettre en avant le retard accusé dans ce domaine, comparativement aux pays maghrébins et africains. Ainsi, Khelifati a placé, sous les projecteurs, un secteur encore largement méconnu, soulignant la place importante que l’assurance pourrait prendre dans le monde de l’économie algérienne. Ce qui est sûr, pour le P-DG, c’est un domaine financier où l’Algérie accuse un retard certain, particulièrement avec l’absence des lois qui le régissent. À ce sujet, il a estimé qu’une intervention de l’État pour réguler le marché des assurances s’impose plus que jamais. Dans ce sillage, il a signalé que les parts de marché, en 2006, des nouvelles compagnies, créées depuis 1995, ont progressé, mais le potentiel est beaucoup plus «important». «Bien que les autorités publiques et le gouvernement aient entamé des réformes structurelles et conjoncturelles, depuis une vingtaine d’années, nous avons besoin d’une réforme qui devrait englober une vision profonde permettant l’évolution du secteur», a indiqué Khelifati. Avant de poursuivre que «cette activité économique doit être prise en charge par les acteurs du secteur, ainsi que par les autorités de Régulation. Car une réforme profonde allant dans le sens de plus de libéralisation de l’activité, sans la remise en cause de ladite Régulation pour éviter les dérapages, va permettre d’instaurer plus d’équité». Pour ce qui est des lacunes, Khelifati a cité un bon nombre qui entrave l’essor de ce secteur.
En premier lieu, il a remis en question l’ordonnance n° 95-07 du 25 janvier 1995. Selon lui, l’ordonnance a annulé l’obligation de l’assurance de transport maritime. Ce qui a fait alourdir la facture des importations, et a fait baisser les chiffres d’affaires des compagnies d’assurance, en ce domaine. Également, pour Khelifati «la mesure a été prise dans un contexte particulier. Mais, aujourd’hui, si l’on veut augmenter le rendement des entreprises d’assurance, il est impératif de revoir l’ordonnance». Toutefois, il a indiqué que la levée du monopole sur les assurances, en 1995, a permis la création de compagnies privées, à capitaux algériens ou étrangers. Celles-ci représentent aujourd’hui près de 30% du marché, ce qui a fait grimper le chiffre d’affaires du secteur. Néanmoins, il n’a pas manqué d’afficher son pessimisme pour les pronostics de 2015. En effet, pour le P-DG, l’Algérie est l’un des pays africains qui peut mieux se positionner en matière d’assurance. Actuellement, en ce qui concerne ce marché, l’Algérie est classée 2e dans le Maghreb, 6e en Afrique et 67e dans le monde.
«Ce qui est loin d’être un exploit, surtout dans un pays qui compte 40 millions d’habitants», a-t-il regretté. En somme, l’intervenant a fait savoir que l’Algérie pourrait réaliser un bénéfice de 7 milliard de dollars dans ce secteur. De surcroît, la part de l’assurance en Algérie varie entre 0,7 et 1% du PIB, alors que dans le monde, l’industrie de l’assurance a représenté 7% du PIB. Par ailleurs, la croissance du secteur a été divisée par deux en 2014, notamment à cause du ralentissement du marché automobile. Cela est dû à plusieurs facteurs, notamment le ralentissement du marché automobile lequel a reculé de 20%, et qui avait un aliment de primes très important pour le marché», a-t-il ainsi expliqué. Aussi, il a appelé à faciliter aux étudiants l’accès au domaine des assurances. En effet, pour lui «les jeunes diplômés doivent exercer 5 ans dans une boîte d’assurance avant de pouvoir ouvrir une agence». En deuxième lieu, il a indiqué qu’une réforme du secteur financier s’impose, si l’État veut réformer le secteur des assurances. Sur ce registre, il a appelé à promouvoir la Bourse d’Alger. «La réforme du système financier passe par la Bourse d’Alger», a-t-il dit. Tout en rappelant qu’Alliance Assurances a souffert de son adhésion à la Bourse. Et ce, en raison de manque de liquidité financière. Il reconnaît que les choses «ne sont pas très claires» du fait qu’il n’y a pas eu de séparation entre l’acte économique et le régulateur. La véritable réforme pour relancer l’assurance, qui accuse du retard, estime Khelifati, réside dans le marché financier. «Si l’on n’a pas une réforme dynamique et énergique, on ne peut pas relancer cette filière», a admis le P-DG d’Alliance Assurances. En ce qui concerne l’assurance contre les catastrophes naturelles, le P-DG a révélé que celle-ci n’est pas obligatoire, ce qui entrave son essor.
Boufassa Lamia

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