Assad veut être «celui qui aura sauvé la Syrie»

Le président syrien, Bachar al-Assad, dit vouloir être d’ici dix ans «celui qui aura sauvé son pays» et reconnait l’importance pour l’armée syrienne de l’aide russe et iranienne, dans une interview publiée samedi sur le site Internet du quotidien espagnol El Pais.
«Dans dix ans, je veux avoir été capable de sauver la Syrie, mais cela ne signifie pas que je serai encore président», déclare le chef de l’Etat syrien, au pouvoir depuis 2000. «La Syrie ira bien et moi je serai celui qui a sauvé son pays», dit-il.
Dans dix ans «si le peuple syrien veut que je sois au pouvoir, j’y serai, et s’il ne le veut pas je n’y serai pas», ajoute-t-il. Assad déclare en outre que «sans aucun doute, le soutien russe et iranien a été essentiel» dans la progression de ses troupes face aux forces d’opposition. «Nous avons besoin de cette aide pour une raison simple, c’est que 80 pays soutiennent les terroristes de différentes façons, affirme M. Assad. Certains directement, avec de l’argent, un soutien logistique, des armes ou des combattants. D’autres leur offrent un appui politique dans les différentes enceintes internationales».
L’armée russe mène depuis le 30 septembre une intense campagne de frappes aériennes contre des «cibles terroristes» qui a permis à l’armée loyale au président de reprendre la main sur le terrain. La Syrie est depuis 2011 en proie à une guerre civile opposant troupes fidèles au régime, groupes armés d’opposition et groupes jihadistes, qui a fait 260.000 morts et plusieurs millions de réfugiés. Un cessez-le-feu, négocié entre les Etats-Unis, la Russie et leurs principaux alliés, devait entrer en vigueur vendredi mais n’a pas été respecté.
Assad, qui avait exprimé le 13 février dans une interview à l’AFP vouloir reconquérir toute la Syrie, a annoncé être «prêt» à un cessez-le-feu – quoique préférant parler de «cessation des opérations» – mais en posant des conditions. Parmi elles, «interdire à d’autres pays, notamment la Turquie, d’envoyer plus d’hommes et d’armes ou tout type de soutien logistique aux terroristes».

Kerry annonce un «accord provisoire» avec la Russie
Après s’être entretenu avec son homologue russe, le secrétaire d’État américain a annoncé qu’une cessation des hostilités pourrait commencer prochainement. «Un accord provisoire en principe» a été trouvé avec la Russie sur les modalités d’une éventuelle cessation des hostilités en Syrie, a annoncé le secrétaire d’État américain John Kerry, dimanche à Amman.
John Kerry a indiqué qu’il avait une nouvelle fois parlé au téléphone à son homologue russe Sergueï Lavrov : «Nous sommes parvenus à un accord provisoire en principe sur les termes d’une cessation des hostilités qui pourrait commencer dans les jours qui viennent.» Il a ajouté que les «deux présidents (russe et américain Vladimir Poutine et Barack Obama) pourraient se parler dès que possible (…) pour la mise en place» de ce cessez-le-feu.

Un cessez-le-feu proche ?
«Nous sommes plus proches aujourd’hui d’un cessez-le-feu», a assuré le secrétaire d’État américain plaide depuis plusieurs jours auprès de Moscou pour la mise en oeuvre de ce volet de l’accord international conclu à Munich les 11 et 12 février. «Ce n’est pas encore fait et je prévois que nos présidents, le président Obama et le président Poutine, pourraient bien se parler dans les prochains jours afin de tenter d’achever ce travail», a ajouté John Kerry lors de la conférence de presse conjointe avec son homologue jordanien Nasser Judeh. Kerry et Lavrov sont les principaux artisans de l’accord de Munich du Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG) aux termes duquel 17 pays et trois organisations multilatérales étaient tombés d’accord pour une «cessation des hostilités» en Syrie «d’ici une semaine», c’est-à-dire, en principe, vendredi 19 février. Mais les combats ont continué en Syrie à l’expiration de ce délai.