Pétrole

Après que l’Algérie a réduit sa production pétrolière pour impacter sur les prix, l’expert Noureddine Legheliel au « Courrier d’Algérie » : « Le rééquilibrage du marché prendra encore du temps ! »

Le marché pétrolier poursuit sa courbe descendante, même s’il donne l’impression de stagner un moment, ou de remonter ; mais ce n’est là que jeu de stratégies et effets d’illusion. Si on dresse un graphique depuis les trois derniers mois, où le baril se négociait à plus de 80 dollars, on peut évaluer combien les dégats occasions ont été constants, au préjudice des pays producteurs comme l’Algérie.

Une des décisions prises par l’Algérie est de réduire sa production. Si dans le même temps, les grands pays producteurs pourraient faire de même, le rétrécissement du marché de l’offre aura pour effet immédiat de faire remonter les prix du baril. Mais est-ce réellement le bon scénario ? Ce qu’on constate aujourd’hui, c’est que les cours du pétrole ont terminé en repli, sur le marché new-yorkais Nymex, prolongeant leur mouvement de baisse en réaction à l’augmentation de la production américaine et dans la crainte d’un affaiblissement de la demande provoqué entre autres par les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Le contrat février sur le brut léger américain a perdu 24 cents, soit 0,46%, à 52,07 dollars le baril et le Brent de mer du Nord a cédé 14 cents ou 0,23% à 61,18 dollars.
Alors que l’Opep et ses alliés, Russie en tête, s’emploient à réduire leur production pour éviter un engorgement du marché, celle des Etats-Unis a augmenté de 2,4 millions de barils par jour depuis le début de l’année pour frôler désormais les 12 millions de bpj, selon les données du département de l’Énergie. Qu’est-ce qu’en pensent les experts des marchés pétroliers. Contacté hier, Nouredddine Legheliel, toujours original dans ses coomptes-rendus, nous fait cette déclaration. « L’Opep, via son secrétaire général Mohammad Barkindo, a redit sa volonté d’éviter une accumulation des stocks au-delà de leur moyenne de cinq ans avec le nouvel accord de réduction de la production en vigueur début janvier. « Malgré leur récente baisse, les cours du brut restent environ 20% au-dessus de leurs plus bas touchés en décembre. « Le Brent doit repasser les 62 dollars avant qu’on puisse parler de 65, a dit Harry Tchilingurian, responsable des matières premières chez BNP Paribas, au Reuters Global Oil Forum. De là, la porte s’ouvrira pour viser les 70 (si) on n’a pas de nouvelles négatives autour des négociations commerciales USA-Chine ». Ce propos est confirmé par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui a prévenu que le rééquilibrage du marché du pétrole risquait de s’apparenter à un « marathon », alors que les efforts de l’Arabie saoudite pour réduire sa production n’ont pas été suivis par la Russie. Elle estime toujours que la croissance de la demande mondiale de brut atteindra 1,4 million de barils par jour (Mb/j) cette année après 1,3 Mb/j en 2018. La demande devrait ainsi s’établir à 100,7 Mb/j en 2019.
I. M. Amine